De l’ordre

23 05 2008

Vous n’en avez peut-être plus le souvenir mais Nicolas Sarkozy avait indiqué son désir de rattacher les gendarmes au Ministère de l’Intérieur. La chose est prévue le 1er Janvier 2009 et la Ministre Alliot-Marie y travaille.

Afin d’accueillir, je l’imagine dignement, les gendarmes dans son ministère, M.A.M. est commanditaire d’un rapport qui va donner lieu, on est jamais assez prudent, à la publication d’un pré-rapport. Ce document est attendu ces jours-ci et il devrait faire parler de lui.

Cette prose rédigée par les Directeurs Généraux de la Gendarmerie et de la Police, qui fuite déjà, aborde non seulement le statut et le maxima de service des uns et des autres mais pointe aussi un petit détail qui devrait aller droit au cœur des policiers.

Le pré-rapport en question indiquerait que les policiers travaillent 200 heures de moins que les gendarmes. Quand on connaît la détérioration des conditions de travail de nos policiers et le non paiement de leurs nombreuses heures supplémentaires, de telles observations risquent de provoquer quelques irritations dans les rangs policiers qui devraient s’entendre dire par Sarkozy « pour gagner autant il  convient de travailler plus ». Bref, le syndicat « Synergie » semble avoir l’argument en travers de la gorge puisque, sans attendre la publication de ce pré-rapport que le Ministère appelle « document de travail », il traite de « menteurs » ses rédacteurs.

Pour faire bonne mesure et amadouer certains policiers, le Ministère indique que le rapport si redouté fait également état d’un différentiel de pouvoir d’achat en défaveur des flics mais uniquement pour ceux de la région parisienne.

Morale de cette histoire, les policiers de province sont non seulement des fainéants mais aussi des nantis. D’une certaine façon on pourrait donc dire d’eux qu’ils travaillent moins tout en gagnant plus. Il faut vraiment remettre de l’ordre dans tout cela. De l’ordre juste bien sûr.

Lyon, le 23 mai 2008





Un conseil (général)

22 05 2008

Si l’on en croit le Progrès, Dominique Perben serait « démotivé par sa vice-présidence au Conseil Général et par son mandat de parlementaire ». Toujours dans le Progrès, selon les propos rapportés d’un élu proche de l’ancien candidat aux municipales lyonnaises, je cite, « Il n’y a pas que le national qui le fasse bander ». (Sic !)

Loin de moi l’idée de m’offusquer de ce retrait de Dominique Perben. En pareilles circonstances la discrétion s’impose et le fait que l’ex Ministre ne se pavane pas en ville est plutôt un signe d’adaptation donc d’intelligence.

Ce qui est inquiétant dans le contexte actuel se situe donc du coté du Conseil Général. Passe encore le fait que son Premier Vice-président, Dominique Perben, en plein spleen, prenne de la distance et puisse être démotivé. Ce qui est plus étonnant c’est que son Président, Michel Mercier, paraisse aux yeux de tous encore plus à l’ouest car avant tout intéressé par son sort personnel et donc les négociations avec Sarkozy pour rentrer a gouvernement. Michel Mercier qui vient d’évoquer son possible départ à l’horizon 2009, est manifestement lui aussi sur une autre planète.

Avec un Président à l’ouest, un Vice-président qui perd le nord vous avouerez que la situation du département ne peut qu’interroger le rhôdanien que je suis.

Dans la continuité du rassemblement initié lors des élections municipales qui a conduit les listes « Aimer Lyon » à la victoire, le Parti Socialiste et le Maire de Lyon soutiennent la candidature de mon collègue Thomas Rudigoz dans une élection cantonale partielle (le 5ème arrondissement) qui pourrait changer à terme la donne au sein du Conseil Général du Rhône ce d’autant, qu’adhérent du Modem, Thomas Rudigoz dispose d’atouts indéniables pour sortir vainqueur de ce scrutin dans un canton propriété de la droite depuis des temps immémoriaux.

L’évidence n’étant pas toujours la qualité première de certains, je conseille donc à celles et ceux qui sont sensibles à la nature des politiques mises en œuvre dans les Conseils Généraux de se mobiliser dès le 25 mai pour permettre à Thomas Rudigoz de construire un rassemblement victorieux lors du deuxième tour du 1er Juin. Cela serait la meilleure façon d’indiquer à  Michel Mercier et Dominique Perben que ceux qui font équipe avec Gérard Collomb à Lyon et à la Communauté urbaine ne se désintéressent pas du sort de nos concitoyens rhôdaniens et qu’une alternative se construit.

Lyon, le 22 mai 2008   





Dély, l’initié.

6 05 2008

Je sais bien que les bouquins sur Claude François et Nicolas Sarkozy poussent comme des champignons. Concernant plus particulièrement ceux qui racontent les aventures du Président ils sont non seulement légions mais pour l’essentiel, subalternes.

Celui de Renaud Dély (Marianne) et Didier Hassoux (Le Canard enchaîné), « Sarkozy et l’argent roi », nous réconcilie avec le genre. Leur livre combine assez bien deux qualités nécessaires à un bon bouquin d’actualité : la pertinence de l’angle d’attaque par rapport au sujet traité et, mais c’est plus évident, la qualité de l’information collectée.

Le point de départ de « Sarkozy et l’argent roi » est simple mais crédible. Sarkozy et le fric ne font qu’un. D’ailleurs d’entrée Dély et Hassoux plantent le décor à propos de Sarko en écrivant que  » la conquête du pouvoir l’obsédait, son exercice le frustre  » et dans cette frustration la formule de Sarkozy lui-même, « Un jour j’irai faire du fric » prend tout son sens. De là à ne faire qu’un seul mandat, idée que nos auteurs suggèrent parfois, il y a une sacrée différence même si, je l’imagine comme vous, je suis partant pour accompagner avec force les rêves de PDG qui paraît-il, envahissent le cerveau présidentiel.

Dans « Sarkozy et l’argent roi » rien n’échappe à nos deux journalistes. Factures, frais, cadeaux, entorses budgétaires, renouvellement des zingues élyséens, yachts, tout y passe. Pour ce qui relève du cercle amical, de Bouygues à Minc, de Castries à Bolloré, du gotha du CAC 40 au show biz friqué, ce bouquin nerveux, alerte et documenté montre habilement que certains n’investissent pas à fond perdu même si l’espoir d’un retour sonnant et trébuchant sur investissement n’est pas toujours l’élément moteur. Le petit monde de Sarkozy c’est donc « le grand monde », celui de l’argent, de beaucoup d’argent, du luxe et de l’exquis.

Dans leur enquête nos deux rédacteurs démontrent aussi que ce petit monde sarkozien affiche moins de transparence à l’égard de ses affaires que le Président en titre n’aime l’affirmer face aux Français. Le décorum, l’Etat et le style de vie ne sont décidemment pas très modestes en « Sarkozie ».

Voilà 230 pages que je vous conseille de dévorer lors du week-end qui s’approche et qui sera aussi long que la liste des patrons qui aiment autant l’argent que leur Président.

Renaud Dély et Didier Hassoux, « Sarkozy et l’argent roi », Calmann Levy, 17 Euros.

Lyon, le 6 mai 2008      





C’était signé

19 03 2008
Il paraît qu’Olivier Poivre d’Arvor, le frère de l’autre, est secoué par le fait que Georges-Marc Bénamou se retrouve à la tête de la Villa Médicis. Du coup prenant la mouche l’actuel Directeur de « Cultures France » vient de se saisir de sa plus belle plume pour écrire une lettre ouverte à Sarkozy. N’y allant pas par quatre chemins OPDA tire une salve plutôt hygiénique à l’encontre de l’ex conseiller de Sarko. Je cite, « la Villa Médicis n’est pas un lieu de repli pour conseiller en disgrâce, un lieu d’écriture, de repos, une retraite pour convenance personnelle ». Pourquoi tant de haine me direz-vous ? L’affaire est simple, il y a quelques mois le même Benamou avait promis ce poste à OPDA. Morale de l’histoire, tant que l’on n’a pas signé le bail de la villa il n’est pas prudent de contacter une entreprise de déménagement.

Lyon, le 19 mars 2008.





Madame Finkielkraut

28 01 2008

alain-finkielkraut.jpg Ce que dit Alain Finkielkraut très souvent m’irrite mais jamais ne m’indiffère. L’excellente interview de l’écrivain par Catherine Calvet et Béatrice Vallaeys dans libé du week-end mérite plus que le détour. L’école, Sarko, la langue, le B.D, tout y passe ou presque, pourtant, dans un recoin de l’entretien une question particulièrement incongrue fuse : « Pascal Bruckner vous a-t-il apporté la fantaisie ? »

Poser ainsi, la question suppose que Finkielkraut pourrait détenir au plus profond de lui-même une parcelle de fantaisie. C’est idiot. Ce mot est d’ailleurs si étranger à l’universitaire qu’il ne l’utilise pas une fois dans une réponse pour le moins curieuse dans laquelle il affirme tout d’abord s’être affranchi avec Bruckner du carcan du jargon (sourire du lecteur !) puis subitement pris de vagabondage, l’écrivain nous explique qu’il a eu « la chance de ne pas faire un mariage intra-universitaire » ayant épousé une avocate (surprise du lecteur !).

Parlons franchement. Jamais je m’étais posé la question de Madame Finkielkraut et en vérité je m’en portais plutôt bien. Depuis ce week-end, il n’en ira plus de même. Désormais à chaque fois que je lirais ou entendrais Finkielkraut y aller de son jargon et utiliser son pêché mignon, la machine à citations, je ne pourrais m’empêcher de penser à Madame Finkielkraut, celle qui souffre avant-nous.

Pire, si demain, « Voici » ou « Closer » shootaient le couple sortant de Monop ou de BHV, j’avoue que cela ne me déplairait pas de voir la tête de celle qui apporte un peu de fantaisie dans la vie du philosophe.

Ne rigolez pas, depuis la lecture de cet entretien à Libération, je me demande pourquoi diable, Finkielkraut nous a parlé de son avocate d’épouse. Soyons fleur bleue. En précisant dans sa réponse à Libé qu’il écrivait aussi pour elle, j’ai le sentiment qu’Alain à juste voulu dire à son épouse qu’il l’aimait.

Lyon, le 28 janvier 2008.





Chabrol et le Sarko Show

19 12 2007

Libération titre ce matin sur « Le Président bling-bling » justifiant ainsi les cinq pages « évènements » qui suivent,  parmi cette abondance de photos et d’articles l’interview de Claude Chabrol mérite le détour. Le réalisateur, en grande forme, passe en effet au peigne fin la mise en scène de la vie présidentielle. Situant le quotidien élyséen dans l’univers de Lubitsch, comparant Sarkozy à un Michel Drucker plutôt qu’à un Hitler , Chabrol parle d’un président avec « un faux air de De Funès », à une émission de télé réalité située tantôt dans cet endroit cinglé qu’est Wolfeboro tant dans ce lieu « burlesque » de Disneyland.

 

Carla Bruni, le fakir libyen, la famille Sarko, tout y passe et Chabrol de se féliciter malicieusement que le Président assure le show en nous distraillant, pour nos longues soirées d’hiver.

 

Du grand Chabrol à lire dans Libé d’aujourd’hui.

 

Lyon, le 19 décembre 2007.