C’était signé

19 03 2008
Il paraît qu’Olivier Poivre d’Arvor, le frère de l’autre, est secoué par le fait que Georges-Marc Bénamou se retrouve à la tête de la Villa Médicis. Du coup prenant la mouche l’actuel Directeur de « Cultures France » vient de se saisir de sa plus belle plume pour écrire une lettre ouverte à Sarkozy. N’y allant pas par quatre chemins OPDA tire une salve plutôt hygiénique à l’encontre de l’ex conseiller de Sarko. Je cite, « la Villa Médicis n’est pas un lieu de repli pour conseiller en disgrâce, un lieu d’écriture, de repos, une retraite pour convenance personnelle ». Pourquoi tant de haine me direz-vous ? L’affaire est simple, il y a quelques mois le même Benamou avait promis ce poste à OPDA. Morale de l’histoire, tant que l’on n’a pas signé le bail de la villa il n’est pas prudent de contacter une entreprise de déménagement.

Lyon, le 19 mars 2008.

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Le danger des grandes victoires

8 02 2008
sarkozy_bleu.jpg Hier Madame Berra, tête de liste UMP du 8ème arrondissement de Lyon, était l’invitée de Nicolas Sarkozy au restaurant »D’chez eux » avec une dizaine de candidats UMP engagés, pour reprendre la formule du Figaro, dans « des combats difficiles ».

La soupe à la grimace était probablement au menu, le Président ayant répété à ses invités, « il faut y croire ». En fait, Nicolas Sarkozy était paraît-il particulièrement exaspéré au point de prononcer « un rappel à l’ordre » à une majorité agitée et soumise à des forces centrifuges.

Consignes, circulaires et argumentaires vont donc pleuvoir dans les prochains jours pour remettre dans l’axe cette majorité qui tangue et doute. Jean-Pierre Jouyet en critiquant ouvertement les conseillers de l’Elysée a probablement encore attisé le feu qui couvait dans la maison majoritaire.

Il faut dire que du haut de leur certitude, ces fameux conseillers en se substituant, rarement avec élégance, aux Ministres et plus généralement aux élus commencent à agacer bien du monde.

Hier, fort de sa magnifique victoire, les victoires les plus éclatantes se révélant toujours des bombes à retardement, « Sarkozy qui rit » en prenait à son aise et les petits marquis d’alcôves ne se sentaient plus. Aujourd’hui « Sarkozy qui pleure » joue du menton et veut caporaliser une majorité pléthore qui entame peut-être un début de délitement.

J’imagine qu’il y a quelques mois « Sarkozy qui rit » n’imaginait pas une seule seconde vivre un aussi triste début de mois de février au point d’être aujourd’hui « Sarkozy qui pleure ».

Lyon, le 7 février 2008.




Traces résiduelles

29 01 2008
perben_micro-yellow.jpg François Bayrou le disait dimanche, « Moi je résiste ». Lundi le Progrès titrait, « Mercier résiste encore à Perben ». Chacun l’aura compris, entre les deux formules, tout est donc dans le « encore ».

Les dernières illusions de Dominique Perben reposent aussi sur ce « encore ». Le dernier ultimatum reporté cette fois-ci au 31 janvier du chef de l’UMP est destiné à mettre clairement Michel Mercier au pied du mur. Le Président UDF-Modem du Conseil Général n’aurait donc plus que deux jours pour rejoindre l’alliance droitière UMP-Villiers-Millon.

En attendant les lyonnais peuvent toujours attendre le programme et les listes de l’ex Maire de Chalon-sur-Saône arrivé depuis des lustres à Lyon et toujours embourbé dans ses accords d’appareil.

En vérité, le sort des Lyonnais et de leur ville semble complètement subsidiaire quand on observe ces manœuvres et intimidations. Michel Havard dont la poésie ne semble pas un des points forts, n’y allait d’ailleurs pas par quatre chemins pour expliquer dans le Figaro à Mercier que les choses urgent. « Le partenariat noué entre le Modem et l’UMP au Conseil Général doit se retrouver au niveau du Conseil Municipal » expliquait le patron local de l’UMP. Autrement dit si une alliance pour les municipales n’émergeait pas, la question du soutien de l’UMP au Président du Conseil Général, quant à elle, serait très rapidement d’actualité.

Mieux, Cornillet, un ex-Bayrouiste passé chez Sarko, n’hésite pas à voir plus loin en mettant en avant la question des 500 signatures susceptibles de se reporter sur le parrainage de la future candidature de Bayrou aux Présidentielles.

Il y a décidément beaucoup de traces résiduelles du RPR dans UMP.

Lyon, le 29 janvier 2008.





Madame Finkielkraut

28 01 2008

alain-finkielkraut.jpg Ce que dit Alain Finkielkraut très souvent m’irrite mais jamais ne m’indiffère. L’excellente interview de l’écrivain par Catherine Calvet et Béatrice Vallaeys dans libé du week-end mérite plus que le détour. L’école, Sarko, la langue, le B.D, tout y passe ou presque, pourtant, dans un recoin de l’entretien une question particulièrement incongrue fuse : « Pascal Bruckner vous a-t-il apporté la fantaisie ? »

Poser ainsi, la question suppose que Finkielkraut pourrait détenir au plus profond de lui-même une parcelle de fantaisie. C’est idiot. Ce mot est d’ailleurs si étranger à l’universitaire qu’il ne l’utilise pas une fois dans une réponse pour le moins curieuse dans laquelle il affirme tout d’abord s’être affranchi avec Bruckner du carcan du jargon (sourire du lecteur !) puis subitement pris de vagabondage, l’écrivain nous explique qu’il a eu « la chance de ne pas faire un mariage intra-universitaire » ayant épousé une avocate (surprise du lecteur !).

Parlons franchement. Jamais je m’étais posé la question de Madame Finkielkraut et en vérité je m’en portais plutôt bien. Depuis ce week-end, il n’en ira plus de même. Désormais à chaque fois que je lirais ou entendrais Finkielkraut y aller de son jargon et utiliser son pêché mignon, la machine à citations, je ne pourrais m’empêcher de penser à Madame Finkielkraut, celle qui souffre avant-nous.

Pire, si demain, « Voici » ou « Closer » shootaient le couple sortant de Monop ou de BHV, j’avoue que cela ne me déplairait pas de voir la tête de celle qui apporte un peu de fantaisie dans la vie du philosophe.

Ne rigolez pas, depuis la lecture de cet entretien à Libération, je me demande pourquoi diable, Finkielkraut nous a parlé de son avocate d’épouse. Soyons fleur bleue. En précisant dans sa réponse à Libé qu’il écrivait aussi pour elle, j’ai le sentiment qu’Alain à juste voulu dire à son épouse qu’il l’aimait.

Lyon, le 28 janvier 2008.





Le sarkotest

8 01 2008

sarkozy-nb-fond-blanc.jpg Hier matin Libération évaluait Sarkozy selon les critères destinés à juger l’action du Président. Mieux, et toujours hier, le Figaro nous proposait un test visant à évaluer « notre pêche » en cette rentrée. Pour cela 15 questions, 4 catégories de réponses et au total un barème. Voici mes réponses à ce test. Un seul détail, je me suis dit que j’étais Sarkozy. C’est effarant !

  1. Vous levez-vous le matin avec l’envie de retourner au lit ? Jamais : 10 pts
  2. Pouvez-vous mener plusieurs projets de natures différentes en même temps ? Toujours : 10 pts
  3. Votre vie professionnelle contribue-t-elle (comme votre vie familiale et sociale) à donner du sens à votre existence ?Toujours : 10 pts
  4. Vous ennuyez-vous lorsque tout le monde est d’accord avec vous ? L’adversité est-elle nécessaire ? Toujours : 10 pts
  5. Faites-vous du sport ou une activité physique au moins une heure et demie par semaine ? Toujours : 10 pts
  6. Lorsque vous êtes irrité, remarquez-vous davantage tous les détails qui ne fonctionnent pas comme vous le souhaitez ? Jamais : 10 pts
  7. Mangez-vous de tout à votre faim et buvez-vous de l’alcool modérément ? Jamais : 0 pts
  8. Avez-vous l’impression que votre travail est devenu une drogue, y pensez-vous pendant les week-ends et les congés ? Toujours : 10 pts
  9. L’intensité de votre travail et les pressions de votre manager vous fatiguent-elles ? Jamais : 10 pts
  10. Votre libido fonctionne-t-elle bien ? Toujours : 10 pts
  11. Riez-vous et vous amusez-vous au travail, mais aussi avec famille et amis ? Toujours : 10 pts
  12. Vous ennuyez-vous lorsque vous ne faites-rien ? Toujours : 10 pts
  13. Prenez-vous des médicaments pour faire face aux pressions professionnelles ? Toujours : 0 pts
  14. D’autres disent-ils que vous êtes fatigant pour eux ? Toujours : 10 pts
  15. Trouvez-vous qu’il y a trop de contraintes, de pressions, de stress et de contradictions dans les entreprises pour s’y épanouir aujourd’hui ? Jamais : 10 pts

Avec un total de 130 points, Sarkozy se situe, ce que l’on redoutait, dans la catégorie « Surpêche ».Voici le commentaire du quotidien, vous verrez on à l’impression de lire le portrait de notre Président et ça fait peur !

« Ne dit-on jamais que vous êtes intenable ? Car vous en dites et faites trop !

Le personnage que vous vous êtes construit est toujours sur la brèche, sous le feu des projecteurs… Il refuse sûrement de reconnaître ses peurs et ses faiblesses. Et vos « déchirures » sont probablement « soignées », compensées, par une surconsommation d’excitants.

Car dans chacune de vos activités, qu’elles soient sportives, artistiques ou professionnelles, vous visez d’être au top ! Même si la conscience d’user rapidement votre pile est là…

Mais aveuglée par le désir d’être le plus beau, le plus fort, le plus intelligent !

Attention à la décompensation…

Conseils : prenez un peu de temps pour écouter les alertes de votre corps. Diminuez les doses d’excitants (café, tabac, etc.) et méfiez-vous de la suractivité, de l’intensité du travail… »

Lyon, le 8 janvier 2008.