Jérôme Kerviel

26 01 2008

societe-generale.jpg  C’est la star de la semaine. Ce jeune trader de la Société Générale qui relègue l’anglais Nick Leeson et ses 1,3 Milliards de dollars de perte au rang d’un besogneux,  demeure une énigme au point que l’on peut se demander, lors de sa réapparition, si l’affaire ne prendra pas un cours nouveau.

Le concernant, les opinions contradictoires des commentateurs ne peuvent qu’interroger. Tantôt jugé comme « un employé sans génie », un pauvre garçon « qui ne gagnait que 100 000 euros l’an », « un être fragile en proie à des difficultés familiales », tantôt doté d’un « extraordinaire talent de dissimulation » auteur d’un coup « exceptionnel », « incroyable », « inexplicable ».

L’auteur de la plus grande fraude de toute l’histoire de la finance est présenté pourtant comme « un homme seul qui a eu l’intelligence d’échapper à toutes les procédures de contrôle » par Bouton le PDG de la banque.

Face à ce méli-mélo qui fait passer Jérôme Kerviel pour un génie solitaire ou bien un paumé sans cause, la hiérarchie de la Société Générale devrait avant tout éclaircir nos méninges, car la question est de savoir comment il se fait qu’une telle institution financière se fasse gruger de la sorte et au-delà chacun peut légitimement s’interroger si la banque, en focalisant l’attention de tous sur son ex-trader, ne cherche pas à masquer d’éventuelles opérations catastrophiques.

En attendant la lettre aux actionnaires publiée par Daniel Bouton ne dit pas grand-chose sur les réels « effets surprime » pour la Société Générale. Quant au gouverneur de la Banque de France, en déclarant que Kerviel n’était « pas près d’être réembauché dans une banque » il apporte l’information rassurante qui nous manquait.

Lyon, le 26 janvier 2008.

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