Congrès champagne

20 05 2008

Alors que les amis de Dominique viennent d’annoncer que Pierre revenait au bercail et que leur incompatibilité avec Ségolène Royal était totale, la grande affaire de la semaine devrait être la mise en oeuvre du plan-média de Bertrand. Dans le même temps, Manuel continue d’arpenter les médias, Julien est toujours candidat comme casque bleu tandis que Martine nous confie vouloir écrire une contribution destinée à éclairer son rapprochement considéré comme acquis avec Bertrand.

Arnaud, quant à lui, peut se rassurer, Jean-Christophe est tout disposé à lui proposer de signer la contribution de ses amis vu que Pierre est de nouveau en odeur de sainteté non sans indiquer que la priorité est donnée à Bertrand.

Plus classique, pendant ce temps là, Michou tape comme un sourd sur Ségolène, Laurent regarde tout ca de très haut et Claude, l’ami de Lionel, qui vient de quitter l’équipage pour soutenir Nicolas explique que s’il était encore dans le Parti de François, il serait bien entendu comme Lionel, derrière Bertrand.

Quitte à pourrir pour un bon siècle l’image d’une ville socialiste je me demande pourquoi l’on prépare un congrès dans cette bonne ville de Reims alors qu’il était si simple d’en refaire un à Rennes.

Lyon, 20 mai 2008.





Aimer Lyon

19 05 2008

Olympique lyonnaisSamedi soir, là-haut au paradis, Sir Alfred Hitchcock est très certainement monté se coucher très tôt. En effet en une dizaine de minutes sur la pelouse du stade de l’Abbé-Deschamps, lors de cette dernière journée du championnat de France de football, successivement, Karim Benzema et Fred ont mis à trépas les rêves cachés de ceux qui espéraient secrètement que l’Olympique Lyonnais rende l’âme face aux Girondins par l’entremise de l’A.J. Auxerre.

Lyon est donc champion pour la 7ème fois consécutive. Le club Rhodanien a souffert une bonne partie de la saison et n’est pas passé très loin de la correctionnelle. Au terme de cette ultime rencontre de la saison, Jean-Michel Aulas a même jugé utile de dire que ce titre lui procurait « une émotion plus grande que celui de l’an dernier ».

« Lyon-Aulas-émotion », voilà une trilogie rarement mise en avant depuis une bonne dizaine d’années. D’ailleurs s’il fallait détecter une écaille sur le tableau magnifiquement vernis de l’Olympique Lyonnais elle relèverait probablement de quelque chose se situant à mi-chemin entre un déficit d’amour et d’émotion. Incontestable sur les plans sportifs et financiers, le parcours de l’O.L. souffre dans le pays d’un manque évident d’affection de la part du grand-public, des Français. Dominateur et quasi incontesté depuis le début de la décennie, le club lyonnais apparaît à bien du monde aussi sexy qu’une firme du CAC 40 et son image, avant tout véhiculée par son Président, est loin de provoquer l’adhésion et l’affect nécessaires pour rejoindre dans la légende les Verts de Platini et Herbin tout comme les Marseillais de Basile Boli et Waddle.

En vérité, au-delà des déclarations fracassantes et souvent peu tactiques du Président Aulas, dans une époque où le sérieux de la gestion et la stabilité font la différence, la France du football continue de préférer les destins chaotiques mêlés de moments mythiques aux machines froides et bien huilées. Quelque part dans les épopées stéphanoises et Marseillaises il y a beaucoup de martyrologie, caisses noires et matchs achetés participant de l’imaginaire faussement rebelle, factice et donc manipulateur de ces grands clubs adulés.

Si Lyon demeure, malgré cette difficile saison, un mal aimé c’est bien entendu aussi en raison d’une surface financière solidement établie qui lui donne de faux airs d’animal capitaliste sans foi mais respectueux des lois.

Que les choses soient claires, l’Olympique Lyonnais devra se coltiner encore quelques saisons ce désamour et à bien y réfléchir même si d’aventure, demain, le club empochait la « champions league » les choses n’en iraient pas autrement. Assumer ce désamour est une chose, s’y complaire en est cependant une autre. Fort de sa réussite sportive et financière, l’Olympique Lyonnais et son Président doivent enfin se convaincre que séduire les Français et montrer quelque humanité est aussi un enjeu. Initier une telle démarche est aussi une condition pour se hisser sur les plans sportifs et financiers à un niveau supérieur.

Lyon, le 19 mai 2008.





Réponses

18 05 2008

Réponses au quizz-sarkozien d’avant-hier

– 1 , b

– 2 , a

– 3 , a

– 4 , b

– 5 , b

– 6 , a

– 7 , b

– 8 , b

– 9 , b

– 10 , b

Bravo et bon dimanche à toutes et tous.

Lyon, le 18 mai 2008





Nuit des Musées

17 05 2008

Ce soir, c’est la quatrième édition de la « Nuit des Musées » une quête sympathique pour attirer de nouveaux publics, une initiative plutôt réussie puisque l’an passé 1,3 millions de visiteurs ont franchi les portes d’un millier d’établissements pour l’occasion.

Cette nuit est comme chaque année la grande affaire d’un Ministère de la Culture dont on s’abstiendra aujourd’hui de dire la moindre méchanceté même si son Ministre, fort de la fameuse feuille de route adressée par Nicolas Sarkozy, commence à nous poser problème.

A Lyon, et ailleurs, les portes s’ouvrent par centaines et en Rhône-Alpes 89 musées participent à l’opération. Dans notre ville, le méconnu et sympathique Musée de l’Imprimerie de la rue de la Poulaillerie (Lyon 2ème) est à l’honneur et nous ne serons pas les derniers à nous en réjouir. En effet, en collaboration avec l’excellente librairie Passages, on y présente une revue de détails d’ouvrages consacrés aux Musées Rhône-Alpins et à leurs expositions.

Profitons donc de l’occasion pour pointer la lumière sur certains d’entre-eux. Voici donc une petite sélection partielle et partiale.

Si vous débutez dans la carrière et pour une petite dizaine d’euros, je vous recommande « L’histoire de l’imprimé » du Musée de l’imprimerie édité par EMCC. Plus beau mais beaucoup plus cher le « Keith Haring » proposé à l’occasion de l’exposition du M.A.C s’impose. Le Nec plus ultra consiste à se procurer la version reliée horriblement chère. Les fauchés se contenteront, également chez Skira, du catalogue à 49 Euros à manipuler avec précaution. Pour ma part j’aime aussi « Une histoire de la peinture à Lyon et en Rhône Alpes depuis 1865 », seconde édition du catalogue de la collection permanente du Musée Paul Dini de Villefranche-sur-Saône (28 Euros). Bien que derrière nous, l’exposition « Le plaisir du dessin » nous laisse un beau souvenir que nous retrouvons avec bonheur dans le catalogue du Musée des Beaux Arts de Lyon. (Hazan, 39 Euros).

« Nuit (des livres) des Musées », de 18h à 23h au Musée de l’Imprimerie (Lyon 2ème).

Pour tout savoir sur cette « Nuit » se reporter à www.nuitdesmusees.culture.fr.

Lyon, le 17 mai 2008





Questions sur le champion

16 05 2008

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais parfois j’ai l’impression que Nicolas Sarkozy est locataire de l’Elysée depuis des lustres. La campagne électorale nous semble si éloignée. En une année, des joggings présidentiels du Fort de Brégançon à la chute dans les sondages, du « bling-bling » au « couac-couac », de l’eau est passée sous les ponts. Adieu pouvoir d’achat et défense des droits de l’homme, adieu Cécilia et RSA, l’heure n’est plus à la morgue de la rupture mais à quelques autocritiques quant à la politique de communication sur le « paquet fiscal » ou les « franchises médicales ». Alors que l’équipe gouvernementale de Sarkozy annonce avec force son désir d’accélérer les « réformes », testez votre mémoire avec ce petit quizz sur notre champion.

1- «Je veux être le président du pouvoir d’achat. Les salaires sont trop bas dans notre pays. Je demanderai aux entreprises de faire un effort sur les salaires» (Projet présidentiel)

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2- «Je souhaite qu’un chômeur ne puisse pas refuser plus de deux offres d’emploi successives» (TF1, 4 février 2007)

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3- « J’ai fixé, vous le savez, des objectifs chiffrés de reconduites à la frontière aux Préfets. » (Discours du 11 décembre 2006)

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4- « Comme beaucoup de consommateurs et d’agriculteurs, je ne perçois pas, pour le moment le service réellement rendu par les OGM qui sont mis en culture dans le monde. Je partage donc leurs réticences à ce que nous les utilisions. » (Convention UMP sur l’agriculture, 18 octobre 2006)

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5- « Je n’accepte pas ce qui se passe en Tchétchénie ou au Darfour. Le silence est complice. Je ne veux être le complice d’aucune dictature à travers le monde »

(Meeting de Bercy, 29 avril 2007)

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6- « Nous parlons d’assurance maladie… y a-t-il une seule assurance sans franchise ? »

(Convention santé de l’UMP, 27 juin 2006)

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7- « Si je suis élu Président de la République, je ferai voter dès l’été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des Golden parachutes. »

(Discours de Marseille, 19 avril 2007)

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8- « Je consacrerai beaucoup d’argent aux banlieues, dans l’éducation, la formation, la rénovation urbaine, les services publics, les transports, l’activité économique. »

(Projet présidentiel)

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9- « La maîtrise de nos finances publiques est un impératif moral autant que financier. »

(Projet présidentiel)

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10- « J’irai chercher la croissance avec les dents »

(Université du MEDEF, 30 août 2007)

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Résultats dimanche 18 mai ici même.

Lyon, le 16 mai 2008





Pentathlon

15 05 2008

Je lisais l’autre jour dans « l’Equipe » que Berrou était sorti vainqueur de l’épreuve de la Coupe du Monde de pentathlon moderne laissant ainsi espérer une médaille aux jeux de Pékin. Le pentathlon moderne, comme chacun le sait, est la combinaison de cinq épreuves : le tir, l’escrime, la natation, l’équitation et la course.

Cette victoire de Jean-Maxence (Berrou), vous l’imaginez, m’a immédiatement fait penser à l’autre Bayrou (François) en me disant que le leader centriste était loin d’être un as du pentathlon (Modem). Prenez les cinq épreuves de cette très difficile compétition.

Pour la première, le tir, c’est Bayrou lui-même qui se fait flinguer par Sarkozy. La deuxième n’est pas plus florissante. Prenez l’exemple lyonnais, Fleuret (Jean-Loup) le bien nommé, a été un des premiers à s’envoler vers le Nouveau Centre, le lendemain des législatives.

Quant à la nage, depuis les Présidentielles, notre chef Gascon s’est fait une spécialité de la brasse coulée lors des législatives et des municipales. Reste l’équitation ou semble-t-il son ex-second, le Ministre Morin, est le seul à exceller avec son écurie de course. En vérité seule la course à pied donne quelques raisons d’espérer à Bayrou. La chose est insuffisante quand on raisonne pentathlon moderne mais n’oubliez jamais qu’en politique rien ne fonctionne comme ailleurs. Courir comme un dératé peut donc offrir des jours meilleurs à Bayrou et beaucoup de flotte du Gave sera passée sous le pont de Lourdes avant que ne s’esquisse la course à l’Elysée.

Le problème de Bayrou c’est qu’il n’est bon qu’en individuel. Dès que vous le mettez dans une équipe, c’est le bazar. Le Modem est à cet effet un exemple incontestable et la situation lyonnaise particulièrement édifiante. D’ailleurs au Modem local ils ne sont guère nombreux à se faire des illusions sur un Bayrou qui devrait d’ici quelques mois se résoudre à voir partir son ami Michel Mercier vers les cieux protecteurs du gouvernement Sarkozy II.

C’est dans ce contexte pour le moins curieux qu’intervient la cantonale partielle du 5ème arrondissement marquée par la candidature de mon collègue Modem du Conseil Municipal et membre de notre majorité, Thomas Rudigoz.

Il y a encore quelques temps les candidats socialistes étaient pléthores, nombreux à vouloir saisir une opportunité pareille pensant peut-être que dans la conjoncture actuelle les circonscriptions électorales se ramassent à la pèle quand on est socialiste et lyonnais. Aujourd’hui mon ami Daniel Malicier maintient sa candidature malgré le soutien du PS à Thomas Rudigoz. Je le regrette car prendre ce siège à l’UMP n’est ni une formalité et encore moins anecdotique. Si l’on intègre à la fois des enjeux propres au Conseil Général mais aussi ceux qui sont devant nous, je songe aux prochaines élections régionale, il convient de se dire que c’est par la mobilisation d’un arc de forces allant de la gauche aux centristes animés des mêmes bonnes intentions que Thomas Rudigoz, que l’issue sera favorable.

Sans aller à dire que cette élection partielle est une répétition générale, force est de constater que l’avenir que nous souhaitons tous victorieux commence à s’initier aujourd’hui. La multiplication des candidatures étant le signe de cette maladie génétique qui ronge parfois la gauche, je n’arrive pas à saisir le bien fondé et la force de cette déraisonnable multiplicité.

Celle issue des rangs socialistes ne trouvant en aucune façon sa légitimité dans la dissidence, il conviendrait enfin de mesurer, pendant qu’il en est encore temps, qu’en politique l’essentiel n’est pas de participer. C’est l’une des grandes différences avec le pentathlon moderne.

Lyon, le 15 mai 2008





Tébessa, 1956

14 05 2008

laurent cachard,tébessa 1956« Un mec comme lui, on n’aurait jamais dû l’envoyer en Algérie ; pour lui, 56, ça aurait dû être l’année de son mariage, sa mère aurait été contente, elle chez qui il devait revenir tous les soirs, après le boulot, sans dire autre chose de la soirée que bonsoir, m’man ! »

C’est de la guerre d’Algérie dont  parle Laurent Cachard dans son roman « Tébessa, 1956 ». De la guerre, du contingent, de ces gones venus de Villeurbanne ou de la Croix-Rousse, partis au départ pour 18 mois, peut-être trente voire quarante-huit comme disait alors la rumeur.

Dix jours pour arriver à Marseille sans passer par la case « Bonne Mère », Alger, la casbah, la mort et juste avant la mort la mémoire en désordre. Celle de la guerre. Les cours d’horticulture avec Monsieur Perroud. Michèle Ferrara à la J.O.C. Lendroit qui passe l’arme à gauche et à qui on ne pourra pas rembourser cette dette de mille Francs. Le souvenir de Louise qui habitait rue Dumenge. Dormir. Mourir.

Les gradés pensaient parfois qu’il s’appelait Bernard et non Gérard. Il avait  vingt ans. C’était à Djeuf, canton de Tébessa, en AFN comme on disait à l’époque, un 5 avril 1956. Tombé au combat. Dans la fiche administrative dressée par le service de santé et signée par l’officier gestionnaire on avait fait l’inventaire de la valise de Gérard : un portefeuille contenant un talon de mandat, une carte d’identité, une pipe, un briquet, une brosse à habits, deux gants de toilettes…Un roman dont je vous conseille la lecture.

Laurent Cachard, « Tébessa, 1956 », Editions Raison et Passions, 13 Euros.

L’ouvrage est disponible à « La librairie des canuts » (4ème), « Le Bal des ardents » (1er) et à « La Librairie du Tramway » (3ème).

Si vous habitez « ailleurs », contactez l’éditeur 33 rue Philippe Genreau, Dijon.

Lyon, le 14 mai 2008