Cali

9 04 2008
Le Perpignanais est ce soir à la Halle Tony Garnier dans le cadre de la tournée « l’Espoir ». Peut-être que, comme moi, vous n’arrivez pas totalement à vous convaincre de l’intérêt de sa musique ? Alors courrez voir Cali sur scène car le lascar Catalan mérite plus que le détour tant son énergie est communicative et sa présence impressionnante là haut sur l’estrade.

C’est au zénith de son succès, il y a je crois un peu plus de deux ans, que j’avais vu Cali au Transbordeur et pour tout vous dire ce mix de Higelin, des Simple Minds et de Waterboys n’avait rien pour m’emballer. C’est donc avec l’esprit critique bien aiguisé et le persiflage quasi dégainé que je m’étais rendu au Transbordeur pour au final assister à un concert qui m’avait définitivement convaincu du talent scénique du Catalan. Tel un grand frère enthousiaste et respectueux de son public Cali avait alors emporté dans la joie d’être ensemble un très gros millier de spectateurs tous contaminés par le bonheur de participer au show d’une sorte de grand Duduche sympathique et électrisé dont la simple présence faisait oublier la relative modestie de certaines compositions au demeurant parfaitement adaptées à la scène.

C’était le bon conseil de la semaine et pour vous persuader de faire ce mercredi le voyage vers la Halle allez vous mettre en jambe en allant visiter www.calimusic.com le site d’un certain Caliciuri.

Lyon, le 9 avril 2008.





Liverpool

6 04 2008

Liverpool, avec son « European capital of culture », est en pleine bourre. Première ville anglaise à bénéficier de ce label, la ville des « Fab Four » conduit depuis de nombreuses années un chantier de rénovation urbaine impressionnant accompagné d’une véritable mobilisation orchestrée entre autre par la « Liverpool Culture Company » sorte d’agence imaginée par la municipalité en 2000. Mais ne rêvons pas. Malgré le boom économique et les efforts des pouvoirs publics, 13 des quartiers liverpuldiens figurent encore parmi la triste liste des banlieues les plus pauvres du pays et plus de la moitié de la population se situe parmi les 10 % d’Anglais les plus pauvres.

Quand on évoque Liverpool on ne peut s’empêcher de penser à Anfield Road et à son stade mythique et surtout aux Beatles. Avec la sortie de son album « Liverpool eight », Ringo Star vient d’effectuer un retour plus opportuniste qu’opportun en cette année européenne de la culture et l’affection que nous avons pour cette ville nous interdira d’en dire du mal. Même remarque et même punition concernant Paul Mc Cartney qui le 1er Juin, dans le cadre des festivités de cette année européenne, s’apprête à investir, pour un concert géant, Anfield.

Plus intéressants et peut-être plus significatifs deux enregistrements effectués à Liverpool nous sont proposés cette semaine. Ils sont le fruit de groupes n’ayant rien à voir de près ou de loin avec la ville puisque l’un, The Gossip, est basé à Portland (Orégon) et l’autre, The Brian Jonestown Massacre, est de San Francisco.

Le double CD-DVD de Gossip intitulé « Live in Liverpool » est l’introduction idéale pour ceux qui veulent découvrir le trio conduit par Beth Ditto. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt la musique au demeurant assez conventionnelle de Gossip ne serait pas grand-chose sans cette fantastique chanteuse et « Show-women » exceptionnelle qu’est Beth Ditto. Coproduit par l’inévitable Rick Rubin, ce double album peut légitimement rentrer dans le club très fermé des enregistrements publics remarquables. (Sony-BMG)

C’est également du côté de Liverpool (mais aussi de Reykjavik) que le très improbable Brian Jonestown Massacre est venu enregistrer son « My bloody underground » (a records, www.cargorecords.co.ok).

Je dois vous avouer qu’il y a belle lurette que je ne me faisais plus la moindre illusion sur Anton Newcombe et son combo à géométrie extrêmement variable. Même l’excellent rockumentaire « Dig » m’avait laissé de marbre et me perdre dans les méandres de la discographie illisible des Californiens n’était plus de mon âge. Tout cela pour vous dire que ce « bloody underground » exige que nous révisions notre propos à l’égard de New combe tant l’album est pour moi une des très bonnes surprises de ce mois d’avril pléthorique. Certains vont bien entendu se dire qu’acheter une énième rondelle de the Brian Jonestown Massacre est la dernière des « c……. » puisque télécharger gratuitement la production du groupe est un jeu d’enfant. Je vous propose tout de même, en guise d’hommage à Liverpool, de vous procurer The Gossip et The Brian Jonestown Massacre en demandant à la caissière de vous offrir le misérable disque de Ringo Star. On ne sait jamais cela peut marcher.

Lyon, le 6 avril 2008





Bleu pétrole

5 04 2008
alain-bashung-bleu-petrole.jpg Depuis l’album « L’imprudence », « Le Cantique des cantiques » enregistré avec Chloé Mons n’ayant pas été pour nous rassurer, nous étions nombreux à attendre le nouvel enregistrement d’Alain Bashung avec fébrilité et voire même une certaine anxiété. Bien sûr la tournée « des grands espaces » avait été une divine surprise mais pour tout vous dire les rumeurs distillées annonçant une collaboration avec Gérard Manset et le « Louise Attaque » Gaëtan Roussel ne suffisaient pas à lever une certaine inquiétude quant au douzième album studio de l’alsacien. Désormais « Bleu pétrole », c’est son nom, est là et bien là, et nous pouvons dire que nous avons du grand Bashung à nous mettre sous la dent.

Si contre toute attente la reprise de « Il voyage en solitaire » de Manset demeure dispensable et la cover de « Suzanne » de Leonard Cohen plutôt prévisible, c’est bien entendu du côté des neufs autres titres qu’il convient de se précipiter. Ce « Bleu pétrole » qui renoue avec la grande lignée « country-pop » pâturée depuis « Fantaisie militaire » et même « Osez Joséphine » est l’album d’un immense interprète, pur et mélodique, qui fait par instants songer à ce qu’il y a de meilleur dans Johnny Cash. « Bleu pétrole » s’impose déjà comme l’un des grands disques de 2008.

Le travail initié avec Gérard Manset n’est bien entendu pas du tout une subsidiarité et « Comme un lego » et « Je tuerai la pianiste » devraient sans difficulté convaincre celles et ceux qui avaient été refroidis par les atmosphères désespérantes de « L’imprudence ».

Après la fastueuse période Bergman et la magnifique collaboration avec Jean Fauque, le travail entamé pour ce « Bleu pétrole » avec Gaëtan Roussel s’annonce, s’il se perpétuait, comme particulièrement porteur, tout ceci tendant à démontrer une fois de plus que les grands artistes-interprètes font et défont les grands paroliers. Vous pouvez donc vous procurer sans appréhension ce « Bleu pétrole » qui deviendra votre disque du week-end, du mois et probablement de l’année.

Je voulais également vous dire deux ou trois bonnes choses à propos d’un roman quasi initiatique de Gaëlle Nohant intitulé « l’ancre des rêves » publié chez Robert Laffont dans une de ces indifférences qui m’irrite. Sachez que l’auteure dont je compte vous reparler un de ces jours signe cet après-midi son ouvrage chez Decitre-Ecully entre 16H et 18H.

En cadeau bonus avant d’aller vous payer « bleu pétrole » et « l’ancre des rêves », voici la première vidéo issue de l’album de Bashung, « Résidents de la République ».

Lyon, le 5 avril 2008.





Mickaël est de retour

4 04 2008

C’est son retour. Après des mois de silence mais avec une acuité politique parfaitement intacte, des fondamentaux toujours aussi solides et une énergie à faire pâlir les jeunes loups qui bavent d’ambition, il devrait de main de maître, en ce printemps 2008, faire taire ceux qui voulaient le ranger dans la cabane des accessoires. Soyons clair, je ne veux pas parler de Lionel Jospin mais de Mickaël Stipe qui avec ses camarades de REM propose ces jours-ci un album réjouissant, « Accelerate ».

Après quelques années de patinage parfois soporifique, la formation d’Athens revient donc en force à coups de guitares à l’ancienne et de compositions directes pour un quatorzième album studio bouclé en moins de dix semaines, enregistré quasiment dans les conditions du direct et qui devrait faire merveille sur scène. Les spectateurs lyonnais en seront les témoins privilégiés le 8 juillet au cours des « Nuits de Fourvière ».

Mickaël Stipe, Peter Buck et le très sous-estimé bassiste Mike Mills mettent donc les points sur les « i » avec un album rôdé avant son enregistrement sur quelques scènes irlandaises et qui devrait faire revenir au bercail nombre de fans qui au fil des ans s’étaient perdus entre compilations, rééditions et autres best of.

Ce retour de REM à l’énergie du rock ne se fait pas au détriment de l’engagement politique du groupe. Partie prenante de la série de concerts initiés par Bruce Springsteen au cours de la campagne de renouvellement du mandat de George W. Bush, Stipe et sa bande remontent à la charge.

Citant en introduction de « Until the day is done » Sinclair Lewis (« Quand le fascisme arrivera en Amérique il sera enveloppé dans le drapeau et portera la croix »), « Accelerate » évoque très directement la situation politique américaine et singulièrement le sort de la Nouvelle Orléans sans oublier le dernier titre, « I’m gonna DJ » et sa vision sarcastique du jour de l’Apocalypse.

Ce début avril risque d’être terrible pour nos cartes bleues puisque avec cet « Accelerate » de REM sortent le très bon « bleu pétrole » de Bashung dont je compte vous entretenir demain, un Jean-Louis Murat dont on me dit grand bien, mais aussi un live de Gossip à ranger au rayon de la crème des enregistrements en public sans oublier le dernier opus du Brian Jonestown Massacre dont je n’attendais pas grand-chose mais qui s’avère un miracle comme on dit à Rock & Folk.

On en reparlera dimanche jour de la Saint Marcellin.

Lyon, le 4 avril 2008.





Quais (suite et fin)

29 03 2008

Comme mise en bouche pour cette dernière journée de l’édition 2008 de Quais du Polar, voici quelques vidéo ave par ordre d’entrée en scène Didier Daenincks (« Camarades de classes »), Patrick Pécherot et George Pelecanos accompagné par Steve Wynn (V.O)

Vodpod videos no longer available. from www.dailymotion.com

Vodpod videos no longer available. from www.dailymotion.com

Lyon, le 30 mars 2008.





Washington DJ

28 03 2008

washington-dj.jpg Ce soir les nouveaux amis de Quais du Polar organisent à partir de 22h à la Plateforme (péniche face au 20 quai Augagneur, 3e) une soirée « spéciale Washington » façon sympathique de rendre hommage à Pelecanos.

Ces nouveaux amis, à savoir l’équipe de la revue hip hop lyonnaise Gasface, vont mettre les petits plats dans les grands afin de créer un voyage musical vers la capitale fédérale américaine également lieu privilégié de la culture afro-américaine.

Tarif: 5 €, renseignement sur www.quaisdupolar.com et à la Gallerie des terreaux.

Lyon, le 28 mars 2008.





Miguel Angel Estrella

27 03 2008
Le pianiste argentin Miguel Angel Estrella est ce soir au Temple protestant de la rue Lanterne (1er arrondissement) pour y interpréter quelques pièces de Bach, Fauré, Chopin et Mendelssohn.

Créateur de « Musique Espérance », fondation qui souhaite faciliter l’accès à la musique au plus grand nombre, Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO depuis 1989, animateur de l’Orchestre pour la paix, Estrella parcours le monde entier comme pianiste et militant inlassable des droits de l’homme.

Emprisonné de 1977 à 1980 par la dictature qui sévissait alors en Uruguay, Miguel Angel Estrella a toujours lié sa carrière de virtuose à celle du combattant pour la musique et les droits en particulier en jouant dans les prisons, dans les ghettos de grande pauvreté, pour le rapprochement israélo-palestinien.

Le concert gratuit de ce soir est donné au profit de l’Association Companio qui œuvre pour l’aide aux anciens détenus (dons à Companio, 3 rue de Sala, Lyon 2ème)

Lyon, le 27 mars 2008.