Vérité pour Guy-André Kieffer

24 05 2008

La semaine prochaine, plus précisément le vendredi 30 mai, le Comité Lyonnais des journalistes otages ou disparus qui s’était créée en 2005 alors que Florence Aubenas et Hussein Hanoun étaient otages en Irak, organise une soirée de soutien à Guy-André Kieffer, ce journaliste enlevé voici quatre ans en Côte d’Ivoire. (Voir billet du 16 avril 2008 )

Cette initiative est d’autant plus utile que la vérité tarde à se faire connaître quant à la disparition de Guy-André. Les Lyonnais doivent donc se remobiliser pour rappeler aux autorités Françaises et Ivoiriennes que nous exigeons la vérité sur cette disparition.

Kent qui était déjà présent au transbordeur en 2005 pour le concert de soutien à Florence Aubenas a répondu une nouvelle fois positivement au Comité Lyonnais et à la famille de G-A Kieffer. Il sera donc vendredi prochain au Théâtre de la Croix-Rousse pour cette manifestation. Aux côtés de Kent, Nicolas Nourrit, Duo d’en bas, Walking on the beach, les Sales Fées, Weed Académy et Gavroche assureront la partie artistique de l’évènement, sachant que des journalistes et témoins viendront expliquer la situation en Côte d’Ivoire.

En mettant à disposition le Théâtre de la Croix-Rousse, son Directeur et le Maire de Lyon ont voulu témoigner leur solidarité avec Guy-André et sa famille. J’espère que vous serez nombreux à répondre vous aussi présents.

Les places sont en ventes au Progrès, Auchan, Leclerc, Virgin au prix de 5 Euros.

Lyon, le 24 mai 2008





De l’ordre

23 05 2008

Vous n’en avez peut-être plus le souvenir mais Nicolas Sarkozy avait indiqué son désir de rattacher les gendarmes au Ministère de l’Intérieur. La chose est prévue le 1er Janvier 2009 et la Ministre Alliot-Marie y travaille.

Afin d’accueillir, je l’imagine dignement, les gendarmes dans son ministère, M.A.M. est commanditaire d’un rapport qui va donner lieu, on est jamais assez prudent, à la publication d’un pré-rapport. Ce document est attendu ces jours-ci et il devrait faire parler de lui.

Cette prose rédigée par les Directeurs Généraux de la Gendarmerie et de la Police, qui fuite déjà, aborde non seulement le statut et le maxima de service des uns et des autres mais pointe aussi un petit détail qui devrait aller droit au cœur des policiers.

Le pré-rapport en question indiquerait que les policiers travaillent 200 heures de moins que les gendarmes. Quand on connaît la détérioration des conditions de travail de nos policiers et le non paiement de leurs nombreuses heures supplémentaires, de telles observations risquent de provoquer quelques irritations dans les rangs policiers qui devraient s’entendre dire par Sarkozy « pour gagner autant il  convient de travailler plus ». Bref, le syndicat « Synergie » semble avoir l’argument en travers de la gorge puisque, sans attendre la publication de ce pré-rapport que le Ministère appelle « document de travail », il traite de « menteurs » ses rédacteurs.

Pour faire bonne mesure et amadouer certains policiers, le Ministère indique que le rapport si redouté fait également état d’un différentiel de pouvoir d’achat en défaveur des flics mais uniquement pour ceux de la région parisienne.

Morale de cette histoire, les policiers de province sont non seulement des fainéants mais aussi des nantis. D’une certaine façon on pourrait donc dire d’eux qu’ils travaillent moins tout en gagnant plus. Il faut vraiment remettre de l’ordre dans tout cela. De l’ordre juste bien sûr.

Lyon, le 23 mai 2008





Alice

13 05 2008

Hier, jour de Pentecôte, le « Lyon olympique Echec » (Loc.) invitait ses partenaires dans les hauteurs de la Tour du Crédit Lyonnais, au Radisson, pour assister à la phase finale du championnat de France d’Echecs des jeunes.

Sous la houlette de Christophe Leroy, le L.O.E est l’un de nos clubs sportifs les plus dynamiques. Club formateur, nombreuses actions en direction des écoliers et collégiens lyonnais, interventions dans les résidences de personnes âgées, dans les prisons, le L.O.E est par ailleurs entrain de se réinstaller dans le cercle fermé des grands clubs d’échecs français et il développe une ouverture internationale plus que significative. Mais revenons à Christophe Leroy. Le sympathique dirigeant du L.O.E vient d’éditer « Alice et le maître d’échecs » le récit de son aventure ensorcelée et obsessionnelle (c’est lui qui l’écrit) avec Lewis Carroll. De Lyon à la Croix Laval, en passant par Oxford, depuis son échiquier, Christophe Leroy nous raconte par le menu une aventure réservée aux initiés. Tel n’est pas mon cas mais malgré tout, je ne peux que conseiller aux joueurs d’échecs ce livre qui devrait les emporter, tel un bon polar, dans le monde de Lewis Carroll et de Christophe Leroy. De l’autre côté du miroir.

Christophe Leroy, « Alice et le maître d’échecs », URDLA, 15 euro.

Lyon, le 13 mai 2008    





Fauchés

12 05 2008

Justes sortis des « Nuits Sonores », en attendant « Y Salsa » et alors que les « Assises du Roman » vont battre le plein, les tentations culturelles sont toujours aussi nombreuses. En voici une petite sélection qui s’efforce de pointer quelques rendez-vous gratuits dans la mesure où la fréquentation de « Jazz à Vienne « et surtout des « Nuits de Fourvière » risquent de coûter au final bonbon.

. 17 Mai, Natacha Atlas se produit à Givors dans le cadre du « Fête’Arts », c’est place Henri Barbusse et gratuit.

. 18 Mai, dernière de « Maître Puntila et son vallet Matti » à la maison de la danse (www.croix-rousse.com) et le 20, présentation de la saison 08-09 du théâtre de la Croix-Rousse suivie, sur la place Joannès Ambre, de la « Kermesse héroïque et politique » (gratuit)

. 20 Mai, au Sirius, présentation de la compilation Dandelyon (gratuit)

. 22 Mai, Excellente initiative de la part des Abattoirs de Bourgoin que de consacrer cette soirée à l’école de Canterbury avec le spectacle « Canterbury Legends » Au programme Hugh Hopper (ex Soft machine), Didier Malherbe, Phil Miller, John Greaves, Peter Blegvad et beaucoup d’autres dont mon ami Jean-Philippe Ramos (15 Euros).

A noter que la veille au même endroit, une soirée d’hommage à Robert Wyatt est programmée, 10 Euros la place.

. 30 Mai, « 6ème Continent » au Parc de Gerland (www.sixièmecontinent.net) et sur la pelouse de l’EPIDA de l’Isle d’Abeau la Compagnie Dare d’Art dans le cadre de la biennale du cirque (gratuit)

. 31 Mai, au Parvis de la Maison de la Danse (8ème arrondissement), « Octobre, chants de luttes et d’espoir » avec la fanfare du Pavé et Bal populaire. C’est gratuit et à 18h00.

. Le 15 Juin, et les deux jours qui précèdent, festival « La rue des artistes » au jardin des plantes de Saint-Chamond avec notamment Sinsemilia. Egalement gratuit, renseignements sur www.atoutmonde.com et au 04 77 22 18 18.

Lyon, le 12 mai 2008





Foot

28 04 2008

Samedi soir à Gerland, l’Olympique lyonnais était à l’image de sa saison 2007-2008. Une première mi-temps plus que modeste d’équipe de milieu de tableau. Une seconde probablement pimentée par le fait de devoir jouer à dix, un peu plus digne d’un champion. Au bout du compte un petit point glané. Les Girondins n’ayant pas fait mieux, on ne peut que remettre la balle au centre, jouer les trois derniers matchs et commencer à oublier une saison pénible qui nous laisse tout de même plus que pensif.

Parmi les raisons d’espérer on doit de toute évidence se satisfaire de l’éclosion de Karim Benzema (encore deux buts samedi). Par son talent le jeune Brondillant peu commencer à se dire que parfois il flirte avec le génie. Avec la longue indisponibilité de Cris, la forteresse lyonnaise a souffert cette saison. Depuis son retour le Brésilien apporte rigueur, confiance et motivation, c’est donc la seconde raison de songer à un avenir plus conforme au standing du club. Troisième grande satisfaction, l’indispensable Jérémy Toulalan. L’ex Nantais est efficace, généreux, sûr et opiniâtre. Son CDI en équipe de France semble assuré. Il est devenu plus que nécessaire à Domenech et à l’OL.

Un ton légèrement en dessous on se doit de saluer la belle saison de Sydney Govou, le bon retour de blessure de Coupet sans oublier l’excellente fin d’intérim de sa doublure Vercoutre.

Pour le reste, tout n’est que doute. Samedi le coach a fait l’insigne honneur d’accorder trois minutes de jeu à Ben Arfa tandis que le pauvre Fred continuait à être confondant de tiédeur et d’approximation. Si on ajoute à cela la lourdeur d’un Karlström, l’insuffisance de Grosso, le jeu bavard mais pâle de Juninho, la saison qui s’achève est bien à l’image de ce Lyon-Caen. Une alternance de disette, de prostration et de trop rares moments de vaillance.

Problème de riches ? C’est évident quand on sait que les Lyonnais devraient probablement être en situation d’emmagasiner cette saison une paire de trophées supplémentaires avec la coupe et le championnat.

Les raisons de se réjouir sont donc rares et pourtant je vais vous proposer de vivre le bonheur cette fin de saison en vous précipitant sur le numéro hors-série de « So Foot » en vente depuis peu dans nos kiosques. Compilation du meilleur de ce magazine nerveux, intelligent et concerné qui fête dignement ses 5 ans, tout au long des 200 pages de ce « meilleur du déjà très bon », vous retrouverez le grand Cantona, l’immense Platoche, Sir Alex, mais aussi l’écrivain Bruce Hornby lançant à Arsène Wenger, « Dis à tes joueurs de mettre London Calling des Clash dans le vestiaire », le Blur Demon Albarn et l’impitoyable Jean-Louis Murat s’en prenant à Zizou et Deschamps.

Indispensable.

« So Foot », hors série-numéro double, 4,90 Euros- http://www.sofoot.com

Lyon, le 28 avril 2008      





Aimé Césaire 1913-2008

18 04 2008

  « Entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.

Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l’homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourne, en chicote et l’homme indigène en instrument de production.

A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.

J’entends la tempête. On me parle de progrès, de « réalisations », de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes.

Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer.

Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse. »

 

Aimé Césaire, extrait de « Discours sur le colonialisme » éditions Présence Africaine.

Lyon, le 18 avil 2008





Quatre ans

16 04 2008
Quatre ans. Cela fait quatre ans que le journaliste Guy-André Kieffer a disparu du côté d’Abidjan dans des circonstances dont nous n’osons imaginer l’horreur.

Journaliste chevronné, Guy-André Kieffer avait travaillé à Libération, 18 ans à la Tribune et lors de sa disparition assurait la correspondance de la Lettre du Continent. Spécialiste de l’Afrique et singulièrement de son économie, Guy-André Kieffer avait travaillé sur le commerce des armes en Côte d’Ivoire, certains financements de la rébellion au Liberia, le paiement de salaires occultes entre Abidjan et la Guinée-Bissau.

Le 16 avril 2004 la vie de sa famille et de ses amis s’est subitement suspendue. Ce jour-là un journaliste libre et indépendant disparaissait. En Pareille circonstances le temps qui s’écoule est le pire des ennemis. Aujourd’hui nous devons nous souvenir de Guy-André Kieffer et témoigner de notre soutien à toute sa famille.

Lyon, le 16 avril 2008.