Aimer Lyon

19 05 2008

Olympique lyonnaisSamedi soir, là-haut au paradis, Sir Alfred Hitchcock est très certainement monté se coucher très tôt. En effet en une dizaine de minutes sur la pelouse du stade de l’Abbé-Deschamps, lors de cette dernière journée du championnat de France de football, successivement, Karim Benzema et Fred ont mis à trépas les rêves cachés de ceux qui espéraient secrètement que l’Olympique Lyonnais rende l’âme face aux Girondins par l’entremise de l’A.J. Auxerre.

Lyon est donc champion pour la 7ème fois consécutive. Le club Rhodanien a souffert une bonne partie de la saison et n’est pas passé très loin de la correctionnelle. Au terme de cette ultime rencontre de la saison, Jean-Michel Aulas a même jugé utile de dire que ce titre lui procurait « une émotion plus grande que celui de l’an dernier ».

« Lyon-Aulas-émotion », voilà une trilogie rarement mise en avant depuis une bonne dizaine d’années. D’ailleurs s’il fallait détecter une écaille sur le tableau magnifiquement vernis de l’Olympique Lyonnais elle relèverait probablement de quelque chose se situant à mi-chemin entre un déficit d’amour et d’émotion. Incontestable sur les plans sportifs et financiers, le parcours de l’O.L. souffre dans le pays d’un manque évident d’affection de la part du grand-public, des Français. Dominateur et quasi incontesté depuis le début de la décennie, le club lyonnais apparaît à bien du monde aussi sexy qu’une firme du CAC 40 et son image, avant tout véhiculée par son Président, est loin de provoquer l’adhésion et l’affect nécessaires pour rejoindre dans la légende les Verts de Platini et Herbin tout comme les Marseillais de Basile Boli et Waddle.

En vérité, au-delà des déclarations fracassantes et souvent peu tactiques du Président Aulas, dans une époque où le sérieux de la gestion et la stabilité font la différence, la France du football continue de préférer les destins chaotiques mêlés de moments mythiques aux machines froides et bien huilées. Quelque part dans les épopées stéphanoises et Marseillaises il y a beaucoup de martyrologie, caisses noires et matchs achetés participant de l’imaginaire faussement rebelle, factice et donc manipulateur de ces grands clubs adulés.

Si Lyon demeure, malgré cette difficile saison, un mal aimé c’est bien entendu aussi en raison d’une surface financière solidement établie qui lui donne de faux airs d’animal capitaliste sans foi mais respectueux des lois.

Que les choses soient claires, l’Olympique Lyonnais devra se coltiner encore quelques saisons ce désamour et à bien y réfléchir même si d’aventure, demain, le club empochait la « champions league » les choses n’en iraient pas autrement. Assumer ce désamour est une chose, s’y complaire en est cependant une autre. Fort de sa réussite sportive et financière, l’Olympique Lyonnais et son Président doivent enfin se convaincre que séduire les Français et montrer quelque humanité est aussi un enjeu. Initier une telle démarche est aussi une condition pour se hisser sur les plans sportifs et financiers à un niveau supérieur.

Lyon, le 19 mai 2008.

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2 responses

19 05 2008
damien

bien d’accord avec toi Jean-Yves, en fait la chose qui manque le plus à cette équipe, c’est un supplément d’âme…

21 05 2008
nizanien

Ils n’ont qu’à jouer en vert et à Geoffroy-Guichard, ça arrangera tout le monde!

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