Fake Oddity

30 04 2008

Demain c’est le 1er Mai, même si vous comptez aller manifester, cela ne devrait pas vous empêcher d’aller le soir au Ninkasi Kao assister au concert des frères Gorman, autrement dit de Kill the Young.

Les mancuniens qui revendiquent une filiation avec leurs ainés de Buzzcocks (le 10 mai aux Nuits Sonores) font partie de ces artistes qui font particulièrement les yeux doux au public français. Allez-savoir pourquoi ?

Il conviendra de ne pas arriver trop en retard au concert puisque Mediatone programme en première partie son groupe protégé, les lyonnais de Fake Oddity. Excellent groupe de scène, la formation conduite par Faïk, leur chanteur guitariste turc d’origine, ne devrait pas décevoir. Auteur d’un premier album autoproduit (Pinkstrasse) Fake Oddity est en passe de distribuer un second opus enregistré en Turquie au studio IMAJ d’Istanbul dont je ne sais rien ou pas grand-chose.

Lauréat en 2005 du Trophée Dandelyon puis du tremplin des Côtes du rock (Vienne), Fake Oddity a les moyens de voir la vie en large pour peu que le Dieu du rock lui prête vie. A ne pas rater.

Puisque nous en sommes au Ninkasi Kao, noter le 14 mai le concert des amis de Jean-Louis Murat, Cocoon.

Lyon, le 30 avril 2008





Tonton David

29 04 2008

Comme bien du monde j’apprécie David Lynch. J’aime en particulier, tout en étant pas très certain d’en comprendre la cohérence, des films comme « Lost highway ». Ce ricain arty et classieux en fait parfois un peu trop dans la pause mais nous lui pardonnons certaines de ses productions extra-cinématographiques au rang desquelles on peut citer bien des œuvres plastiques (« the air is on fire ») et surtout son insipide et même ridicule virée musicale avec « Blue Bob ».

Une fois ces lignes dévotes mais jamais aveuglées écrites, une fois dit que David Lynch est un grand auteur de films, je voudrais me pencher sur sa dernière production « littéraire » fraîchement traduite en français et publiée par les Editions Sonatines sous le titre « Mon histoire vraie » (« Catching the big fish » en anglais !)

Passée l’épreuve de la dédicace adressée à sa Sainteté Maharishi Maresh Yogi, la prose de Lynch oscille, sous forme de courts billets, entre l’intéressant, l’informatif, le pathétique et parfois le pitoyable.

Quand il s’agit de parler cinéma, notre homme est non seulement au rendez-vous et le plus souvent à la hauteur de nos espérances. Pour ce qui concerne la musique c’est moyen, quant à sa philosophie de la vie il nous rapporte des expériences et des observations qui doivent probablement faire vibrer les fans d’une douzaine de cantons autour de Los Angeles mais vraiment pas plus.

Quand vous saurez que Lynch avait dans les années quatre-vingt l’habitude de prendre chaque jour un milk-shake au Bob’s Big Boy et que, je cite, « c’est fascinant de regarder un feu. C’est magique » vous lirez ce bouquin en limitant votre temps à la consultation des pages qui relèvent du cinéma.

Au beau milieu d’un texte intitulé « la conscience », Lynch écrit « si l’on possède une conscience de la taille d’une balle de golf, la compréhension qu’on aura du livre qu’on lit sera limitée à la taille d’une balle de golf ». Alors désolé mon cher David, je ne sais pas si ma conscience a la taille d’une balle de golf, mais ce dont je suis certain c’est que j’aime pas les mecs qui me prennent pour une bille.

Lyon, le 29 avril 2008      





Foot

28 04 2008

Samedi soir à Gerland, l’Olympique lyonnais était à l’image de sa saison 2007-2008. Une première mi-temps plus que modeste d’équipe de milieu de tableau. Une seconde probablement pimentée par le fait de devoir jouer à dix, un peu plus digne d’un champion. Au bout du compte un petit point glané. Les Girondins n’ayant pas fait mieux, on ne peut que remettre la balle au centre, jouer les trois derniers matchs et commencer à oublier une saison pénible qui nous laisse tout de même plus que pensif.

Parmi les raisons d’espérer on doit de toute évidence se satisfaire de l’éclosion de Karim Benzema (encore deux buts samedi). Par son talent le jeune Brondillant peu commencer à se dire que parfois il flirte avec le génie. Avec la longue indisponibilité de Cris, la forteresse lyonnaise a souffert cette saison. Depuis son retour le Brésilien apporte rigueur, confiance et motivation, c’est donc la seconde raison de songer à un avenir plus conforme au standing du club. Troisième grande satisfaction, l’indispensable Jérémy Toulalan. L’ex Nantais est efficace, généreux, sûr et opiniâtre. Son CDI en équipe de France semble assuré. Il est devenu plus que nécessaire à Domenech et à l’OL.

Un ton légèrement en dessous on se doit de saluer la belle saison de Sydney Govou, le bon retour de blessure de Coupet sans oublier l’excellente fin d’intérim de sa doublure Vercoutre.

Pour le reste, tout n’est que doute. Samedi le coach a fait l’insigne honneur d’accorder trois minutes de jeu à Ben Arfa tandis que le pauvre Fred continuait à être confondant de tiédeur et d’approximation. Si on ajoute à cela la lourdeur d’un Karlström, l’insuffisance de Grosso, le jeu bavard mais pâle de Juninho, la saison qui s’achève est bien à l’image de ce Lyon-Caen. Une alternance de disette, de prostration et de trop rares moments de vaillance.

Problème de riches ? C’est évident quand on sait que les Lyonnais devraient probablement être en situation d’emmagasiner cette saison une paire de trophées supplémentaires avec la coupe et le championnat.

Les raisons de se réjouir sont donc rares et pourtant je vais vous proposer de vivre le bonheur cette fin de saison en vous précipitant sur le numéro hors-série de « So Foot » en vente depuis peu dans nos kiosques. Compilation du meilleur de ce magazine nerveux, intelligent et concerné qui fête dignement ses 5 ans, tout au long des 200 pages de ce « meilleur du déjà très bon », vous retrouverez le grand Cantona, l’immense Platoche, Sir Alex, mais aussi l’écrivain Bruce Hornby lançant à Arsène Wenger, « Dis à tes joueurs de mettre London Calling des Clash dans le vestiaire », le Blur Demon Albarn et l’impitoyable Jean-Louis Murat s’en prenant à Zizou et Deschamps.

Indispensable.

« So Foot », hors série-numéro double, 4,90 Euros- http://www.sofoot.com

Lyon, le 28 avril 2008      





Kurt chez le psy

27 04 2008

Il m’arrive de temps à autre d’attirer votre attention sur les bons coups culturels que nous réserve l’agglomération. Des « invites » aux Festival de jazz de Vaulx ou Francheville, de l’épatente programmation de l’Epicerie Moderne aux rendez-vous que Bron nous réserve en matière de danse Hip Hop, les occasions sont nombreuses de passer les frontières lyonnaises. Aujourd’hui c’est à Oullins, et plus précisément au théâtre de la Renaissance, que je veux vous entraîner.

A partir de demain et jusqu’au 7 mai, en coproduction avec l’Opéra de Lyon, la Renaissance monte « Lady in the dark » de Kurt Weill, un must créé au début des années quarante qui marque les débuts triomphants de la période New Yorkaise du compositeur Allemand qui avait fui le nazisme.

« Lady in the dark » dont les principaux airs sont devenus des grands classiques au même titre que « l’Opéra de quat’sous » est le fruit du travail conjoint de Kurt Weill et de Ira Gershwin d’après le livret de Moss Hart.

Œuvre puisant dans les approches de la psychanalyse, « Lady in the dark » est bien plus qu’une comédie musicale à la Broadway. C’est une pièce musicale majeure dont les envolées jazzy continuent de séduire les mélomanes parfois rassasiés que nous sommes. Mis en scène par Jean Lacornerie, sous la direction musicale de Scott Stroman, ce « Lady in the dark » devrait être à l’évidence l’un des grands évènements musicaux de la saison.

Renseignements au 08 26 30 53 25

Lyon, le 27 avril 2008  





Vépé

26 04 2008

Me voici donc Vice-président du Grand Lyon (V.P.) probablement en charge de la stratégie de développement de l’agglomération. Je veux bien entendu remercier Gérard Collomb de la confiance qu’il me témoigne en pareille occasion ce d’autant que cette tâche devrait faire partie des quelques points majeurs de son nouveau mandat. En effet en indiquant dans son discours d’investiture du 18 avril qu’il convenait « d’aller encore plus loin dans la mutation de l’agglomération », le Président du Grand Lyon avait pris soin de préciser qu’il convenait de continuer à mieux associer l’ensemble des territoires de la Communauté Urbaine mais aussi d’édifier une Métropole capable de soutenir la comparaison avec les grandes agglomérations européennes.

Il y a huit jours en recevant, quelques heures avant la séance inaugurale du présent mandat, le nouveau Maire de St-Etienne, Maurice Vincent, Gérard Collomb avait clairement affiché son désir de voir le développement lyonnais se tourner encore mieux vers de nouveaux partenaires. La capitale du Forez fait bien entendu partie des priorités lyonnaises tout comme le Nord-Isère, l’Ain, sans oublier, au sud, la ville de Vienne, à l’Ouest le Roannais et au nord de notre département Villefranche et pourquoi pas demain Mâcon.

Organiser nos destins communs au sein d’un vaste territoire qui devrait permettre à notre Métropole de s’installer définitivement dans le club très fermé des grandes entités européennes sera donc notre travail commun.

Comme le disait Gérard Collomb à son collègue Stéphanois, ce mouvement qui sera imprimé au cours du mandat qui s’amorce doit tourner le dos à ce qui s’opère en Ile-de-France depuis quelques décennies. Au contraire, au sein de ce réseau de villes, chacun doit pouvoir, en mettant en place de nouvelles synergies, cultiver sa propre identité renforcée par de nouvelles coopérations.

L’Université, le développement économique et la recherche, les infrastructures de transports seront les outils de ces rapprochements. La culture aussi. Cette volonté du Président du Grand Lyon d’associer les villes partenaires au dossier « Lyon, Capitale Européenne de la Culture » en 2013 n’est pas la plus mince des annonces. Y travailler pour le réussir est non seulement pour Lyon et son agglomération un défi d’envergure, mais cela sera aussi pour la coopération entre nos territoires qui constituent le réseau de nos villes un levier formidable pour imaginer « un nouveau modèle culturel et urbain en Europe ».

Lyon, le 26 avril 2008       





Reperkusound # 3

25 04 2008

Les Mediatone ne lâchent pas l’affaire puisque l’association lyonnaise nous propose ce week-end la troisième édition de son « Reperkusound » avec un plateau qui devrait satisfaire les amateurs du rock le plus lourd (Reperkurock ce soir) et les fondus d’électro et de dub (Electrokusound demain).Prix accessibles, avec notamment pour les lycéens l’acceptation de la carte M’Ra de la Région Rhône-Alpes, accueil toujours sympathique, moyens techniques à la hausse, programmation pointue, Mediatone met donc une fois de plus les petits plats dans les grands pour accueillir les 8 ou 9 000 spectateurs qui devraient, je l’espère, se rendre ce week-end à Eurexpo.

Avec une énergie à faire pâlir, comme dirait Godard, les « professionnels de la profession », toujours avec le bon esprit qui la caractérise, l’association prend encore de gros risques financiers cette année en organisant son festival. Fort de son armada de bénévoles, Médiatone arrose depuis des semaines de Flyers l’Europe entière pour convaincre en ces temps difficiles les jeunes de faire le voyage de Lyon. Alors si vous aimez Aqme, Mick Muir et son Infections Grooves, Fishbone ou bien Guns of Brixton et les hollandais de Kong Shiloh, le déplacement s’impose.

A signaler qu’Aqme est en rencontre-dédicace à la Fnac Bellecour cet après-midi à 17h30.

 

 

Lyon, le 25 avril 2008

PS: Erick Roux de Bezieux effectue son retour sur le net après quelques déboires. Je lui souhaite à nouveau bienvenue au club. 





« Si vous aimez le PS, quittez-le ! »

24 04 2008

Je savais mon ami Henry Delisle malin, astucieux mais gonflé à ce point, jamais. L’ex député socialiste bas-normand vient rien de moins que de signer un bouquin dont le titre « Si vous aimez le Parti socialiste, quittez-le ! » a du agiter le petit monde de Solferino dont la sensibilité à fleur de peau est légendaire.

Vieux et fidèle compagnon de François Mitterrand, l’ami Delisle vient en vérité d’écrire un livre de souvenirs politiques et le titre provocateur est en fait une formule d’un autre ami de Mitterrand, Georges Dayan , prononcée au début des années soixante-dix à propos de la question européenne. Pour ne rien vous cacher j’aime bien Henry Delisle et ayant passé quelques années à Caen et du côté du Pays d’Auge je me retrouve avec plaisir dans son livre. A la différence d’une autre figure du socialisme bas-Normand, je veux parler de Louis Mexandeau, le bouquin de l’ex Député-maire de Meridon est sympathique, positif et humain. Autre différence notoire, alors que celui de « Mex » paru l’an passé se terminait par une charge outrancière et artificielle contre Ségolène Royal celui d’Henry Delisle s’achève par un épilogue titré « Si vous aimez encore le PS, revenez-y, ça presse ! ».

A l’instar de quelques-uns comme nous, lors de la campagne de désignation de notre candidate, Henry Delisle n’avait pas été chiche dans son soutien à Ségolène Royal. En indiquant aujourd’hui à son lecteur sa foi dans un Parti Socialiste qui tangue, Henri Delisle reste fidèle à son long compagnonnage avec François Mitterrand. Alors comme Delisle dites à vos ami(e)s « ça presse ! ».

Henry Delisle, « Si vous aimez le Parti Socialiste quittez-le ! », Le cherche midi éditeur.

Lyon, le 24 avril 2008