Le cas Rika

31 01 2008
rika-zarai.jpg Il paraît que Lennon en est tout retourné, lui qui au paradis des rockers se la coulait douce avec Joe Strummer et Keith Moon.

En effet plus de quarante ans après avoir interdit un concert des Beatles au prétexte que les Fab Four allaient pourrir la jeunesse israélienne, l’Etat hébreu vient de faire amende honorable et donc de présenter ses excuses aux survivants du groupe liverpuldien.

Quelle idée curieuse de la part d’un pays que de demander à Mc Cartney & Co d’accepter des excuses pour une interdiction remontant à la préhistoire. Ce qui m’interroge dans cette affaire c’est la façon dont les choses peuvent se passer en pareille occasion. J’imagine une ribambelle de Conseillers divers et variés qui se succèdent auprès du gouvernement Israélien depuis 43 ans pour convaincre les uns et les autres d’en finir avec l’épineux dossier Beatles et tout d’un coup, en 2008, victoire, l’Etat craque et décide de changer de ligne en présentant des excuses aux rescapés et aux deux veuves.

Une fois qu’il aura réglé la question libanaise, je suggère pour ma part à Bernard Kouchner de tout mettre en œuvre pour exiger, lui aussi, des excuses officielles de l’Etat hébreu pour nous avoir refilé Rika Zaraï. Nous sommes des millions à en souffrir depuis trop longtemps sachant qu’aujourd’hui encore, dans nos noces et banquets, il y a toujours un con qui, après « Je rêvais d’un autre monde » de Téléphone et avant l’une des bluette du regretté Bézu se croit autorisé à nous balancer sans sommation « sans chemise, sans pantalon. »

Lyon, le 31 janvier 2008.

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Ni pliée, ni repliée

30 01 2008
Gérard Collomb le dit dans une longue interview à Lyon Capitale de cette semaine, « les choses ne seront claires que lorsque le dernier bulletin sera déplié. » En effet dans cette campagne municipale qui, à bien des égards, ne veut pas dire son nom, en faisant la course « en tête », Gérard Collomb sait bien que, malgré les nombreux signes d’encouragement des Lyonnais, porté par des sondages favorables, doté d’un projet construit à partir d’une expérience du terrain et une vision du développement de l’agglomération, les choses ne seront « pliées » qu’au moment fatidique de déplier le dernier bulletin de vote.

La semaine en cours est d’autant plus importante que Dominique Perben, en produisant lundi un évènement sommes toute assez modeste et sans contenu ni désir, sera confronté à de probables sondages peu encourageants en milieu de semaine et au final, dimanche, à la sucrière, Gérard Collomb sera en capacité de mieux expliciter son projet fort du soutien de quelques uns de ses collègues européens, porté aussi par l’énergie tonique des nouvelles générations artistiques qui font tant pour Lyon.

Pas pliée et encore moins repliée la campagne initiée par Gérard Collomb va continuer à puiser sa force et sa vitalité jusque dans les moindres capillarités d’une cité qui souhaite s’afficher comme l’expression des réussites, des solidarités et de l’épanouissement.

Dimanche 3 février, au cœur du confluent, du côté de la Sucrière, avec pèle mêle, les Maires de Barcelone ou de Turin, le son du peuple de l’herbe, les Pokémons, des kyrielles de musiciens de Salsa, de rock, de world ou d’électro, ce premier tournant rassembleur et festif de la campagne municipale est important ce d’autant qu’il se veut inédit, convivial et familial. Bref un dimanche après-midi… en campagne.

« Un dimanche en campagne », La Sucrière – Quai Rambaud- Quartier Confluence – 69002 Lyon.

>Tramway arrêt Montrochet – De 15h à Minuit et plus … Entrée libre.

Renseignements sur : www.aimerlyon.com

Lyon, le 30 janvier 2008.





Traces résiduelles

29 01 2008
perben_micro-yellow.jpg François Bayrou le disait dimanche, « Moi je résiste ». Lundi le Progrès titrait, « Mercier résiste encore à Perben ». Chacun l’aura compris, entre les deux formules, tout est donc dans le « encore ».

Les dernières illusions de Dominique Perben reposent aussi sur ce « encore ». Le dernier ultimatum reporté cette fois-ci au 31 janvier du chef de l’UMP est destiné à mettre clairement Michel Mercier au pied du mur. Le Président UDF-Modem du Conseil Général n’aurait donc plus que deux jours pour rejoindre l’alliance droitière UMP-Villiers-Millon.

En attendant les lyonnais peuvent toujours attendre le programme et les listes de l’ex Maire de Chalon-sur-Saône arrivé depuis des lustres à Lyon et toujours embourbé dans ses accords d’appareil.

En vérité, le sort des Lyonnais et de leur ville semble complètement subsidiaire quand on observe ces manœuvres et intimidations. Michel Havard dont la poésie ne semble pas un des points forts, n’y allait d’ailleurs pas par quatre chemins pour expliquer dans le Figaro à Mercier que les choses urgent. « Le partenariat noué entre le Modem et l’UMP au Conseil Général doit se retrouver au niveau du Conseil Municipal » expliquait le patron local de l’UMP. Autrement dit si une alliance pour les municipales n’émergeait pas, la question du soutien de l’UMP au Président du Conseil Général, quant à elle, serait très rapidement d’actualité.

Mieux, Cornillet, un ex-Bayrouiste passé chez Sarko, n’hésite pas à voir plus loin en mettant en avant la question des 500 signatures susceptibles de se reporter sur le parrainage de la future candidature de Bayrou aux Présidentielles.

Il y a décidément beaucoup de traces résiduelles du RPR dans UMP.

Lyon, le 29 janvier 2008.





Madame Finkielkraut

28 01 2008

alain-finkielkraut.jpg Ce que dit Alain Finkielkraut très souvent m’irrite mais jamais ne m’indiffère. L’excellente interview de l’écrivain par Catherine Calvet et Béatrice Vallaeys dans libé du week-end mérite plus que le détour. L’école, Sarko, la langue, le B.D, tout y passe ou presque, pourtant, dans un recoin de l’entretien une question particulièrement incongrue fuse : « Pascal Bruckner vous a-t-il apporté la fantaisie ? »

Poser ainsi, la question suppose que Finkielkraut pourrait détenir au plus profond de lui-même une parcelle de fantaisie. C’est idiot. Ce mot est d’ailleurs si étranger à l’universitaire qu’il ne l’utilise pas une fois dans une réponse pour le moins curieuse dans laquelle il affirme tout d’abord s’être affranchi avec Bruckner du carcan du jargon (sourire du lecteur !) puis subitement pris de vagabondage, l’écrivain nous explique qu’il a eu « la chance de ne pas faire un mariage intra-universitaire » ayant épousé une avocate (surprise du lecteur !).

Parlons franchement. Jamais je m’étais posé la question de Madame Finkielkraut et en vérité je m’en portais plutôt bien. Depuis ce week-end, il n’en ira plus de même. Désormais à chaque fois que je lirais ou entendrais Finkielkraut y aller de son jargon et utiliser son pêché mignon, la machine à citations, je ne pourrais m’empêcher de penser à Madame Finkielkraut, celle qui souffre avant-nous.

Pire, si demain, « Voici » ou « Closer » shootaient le couple sortant de Monop ou de BHV, j’avoue que cela ne me déplairait pas de voir la tête de celle qui apporte un peu de fantaisie dans la vie du philosophe.

Ne rigolez pas, depuis la lecture de cet entretien à Libération, je me demande pourquoi diable, Finkielkraut nous a parlé de son avocate d’épouse. Soyons fleur bleue. En précisant dans sa réponse à Libé qu’il écrivait aussi pour elle, j’ai le sentiment qu’Alain à juste voulu dire à son épouse qu’il l’aimait.

Lyon, le 28 janvier 2008.





Saint-Etienne

27 01 2008
le-fil.jpgAujourd’hui, c’est jour de derby mais je ne compte pas vous parler ce dimanche de foot, mais plutôt de musique et plus particulièrement de l’émergence du « Fil » dans la cité forézienne.
La chose est dite et affirmée fortement par Gérard Collomb dans son projet municipal soumis aux Lyonnais. Lyon et Saint-Etienne vont se construire un avenir commun en particulier dans des domaines aussi fondamentaux que la recherche, l’université, le design, le textile mais aussi en matière de transports, de culture et d’évènements. « Le Fil », scène de musiques actuelles, qui va, le 31 janvier prochain faire son entrée dans la vie culturelle stéphanoise et régionale est une initiative dont nous devons nous réjouir, que nous soyons stéphanois ou bien lyonnais.Au 20 du boulevard Thiers, sur quelques 1700 m2, « Le Fil » avec sa salle de 1200 places, son club et ses studios va, sous la houlette de Thierry Pilat (ex-Ninkasi-Kao) être un moyen sûr de renforcer l’armature si nécessaire au développement des musiques actuelles dans notre région.
Nous aurons l’occasion d’en reparler sur ce blog « De Lyon et d’ailleurs » mais je voudrais vous indiquer aujourd’hui le programme des réjouissances qui vont marquer la fin de la semaine qui s’annonce.

  • Jeudi 31 janvier, soirée plutôt « world » avec Afrique Jazz Ethnique Loufoque, Mamani Keïta, CongopunQ.
  • Vendredi 1er février, soirée Rock et Electro avec les mancuniens Kill The Young, The Wilowz en provenance de Los Angeles et de nombreux artistes de la région.
  • Samedi 2 février, place au Hip Hop et à l’Electro avec Scratch Bandits Crew (Lyon), Jamika(Londres) Filastine (Seattle), Dandy Freaks(Saint-Etienne) et bien d’autres.

Toutes les informations nécessaires sur www.le-fil.com , prix des places 10 €.

Lyon, le 27 janvier 2008.





Jérôme Kerviel

26 01 2008

societe-generale.jpg  C’est la star de la semaine. Ce jeune trader de la Société Générale qui relègue l’anglais Nick Leeson et ses 1,3 Milliards de dollars de perte au rang d’un besogneux,  demeure une énigme au point que l’on peut se demander, lors de sa réapparition, si l’affaire ne prendra pas un cours nouveau.

Le concernant, les opinions contradictoires des commentateurs ne peuvent qu’interroger. Tantôt jugé comme « un employé sans génie », un pauvre garçon « qui ne gagnait que 100 000 euros l’an », « un être fragile en proie à des difficultés familiales », tantôt doté d’un « extraordinaire talent de dissimulation » auteur d’un coup « exceptionnel », « incroyable », « inexplicable ».

L’auteur de la plus grande fraude de toute l’histoire de la finance est présenté pourtant comme « un homme seul qui a eu l’intelligence d’échapper à toutes les procédures de contrôle » par Bouton le PDG de la banque.

Face à ce méli-mélo qui fait passer Jérôme Kerviel pour un génie solitaire ou bien un paumé sans cause, la hiérarchie de la Société Générale devrait avant tout éclaircir nos méninges, car la question est de savoir comment il se fait qu’une telle institution financière se fasse gruger de la sorte et au-delà chacun peut légitimement s’interroger si la banque, en focalisant l’attention de tous sur son ex-trader, ne cherche pas à masquer d’éventuelles opérations catastrophiques.

En attendant la lettre aux actionnaires publiée par Daniel Bouton ne dit pas grand-chose sur les réels « effets surprime » pour la Société Générale. Quant au gouverneur de la Banque de France, en déclarant que Kerviel n’était « pas près d’être réembauché dans une banque » il apporte l’information rassurante qui nous manquait.

Lyon, le 26 janvier 2008.





Soutien scolaire

25 01 2008

laporte.jpg Mardi dernier, le Secrétaire d’Etat Bernard Laporte, accordait une interview à Libération. Hier, par le biais de la rubrique « Making of », on nous en disait plus sur la petite histoire de cet entretien sans intérêt mais oh combien significatif.Une fois dit que l’interview s’est faite par mail, il faut savoir qu’arrivé dans les services du Ministre, en fin de matinée, le questionnaire est revenu renseigné, à la rédaction, le soir vers 21 heures. Neuf heures pour un contenu aussi maigre paraît bien long. Explication, la copie de Laporte a été lue et relue à Matignon. Edifiant !

Mieux, au terme de son périple « Libé – Laporte-Fillon-Laporte-Libé, » la rédaction du quotidien constate, alors que l’heure du bouclage approche, que l’ami des jambons devenu Ministre, a répondu par ailleurs à une question jamais posée par la rédaction de Libération. Stupéfiant !

Comme le dit Paul Quinio dans sa rubrique, « un Ministre serait digne et capable de négocier au nom de la France dans une réunion internationale, pas de s’adresser sans filet à la presse. » Evident !

Cela étant, quand on considère que Laporte ainsi que l’ensemble de l’aréopage Ministériel est cornaqué par un Président de la République qui dit, un jour sur l’autre, tout et son contraire, rien ne peut surprendre. Alors comment ne pas être étonné par le fait que d’aussi mauvais élèves enseignés par un instituteur aussi peu crédible puissent demain être, évalués par un inspecteur comme Eric Besson, le félon.

Lyon, le 25 janvier 2008.