Pentathlon

15 05 2008

Je lisais l’autre jour dans « l’Equipe » que Berrou était sorti vainqueur de l’épreuve de la Coupe du Monde de pentathlon moderne laissant ainsi espérer une médaille aux jeux de Pékin. Le pentathlon moderne, comme chacun le sait, est la combinaison de cinq épreuves : le tir, l’escrime, la natation, l’équitation et la course.

Cette victoire de Jean-Maxence (Berrou), vous l’imaginez, m’a immédiatement fait penser à l’autre Bayrou (François) en me disant que le leader centriste était loin d’être un as du pentathlon (Modem). Prenez les cinq épreuves de cette très difficile compétition.

Pour la première, le tir, c’est Bayrou lui-même qui se fait flinguer par Sarkozy. La deuxième n’est pas plus florissante. Prenez l’exemple lyonnais, Fleuret (Jean-Loup) le bien nommé, a été un des premiers à s’envoler vers le Nouveau Centre, le lendemain des législatives.

Quant à la nage, depuis les Présidentielles, notre chef Gascon s’est fait une spécialité de la brasse coulée lors des législatives et des municipales. Reste l’équitation ou semble-t-il son ex-second, le Ministre Morin, est le seul à exceller avec son écurie de course. En vérité seule la course à pied donne quelques raisons d’espérer à Bayrou. La chose est insuffisante quand on raisonne pentathlon moderne mais n’oubliez jamais qu’en politique rien ne fonctionne comme ailleurs. Courir comme un dératé peut donc offrir des jours meilleurs à Bayrou et beaucoup de flotte du Gave sera passée sous le pont de Lourdes avant que ne s’esquisse la course à l’Elysée.

Le problème de Bayrou c’est qu’il n’est bon qu’en individuel. Dès que vous le mettez dans une équipe, c’est le bazar. Le Modem est à cet effet un exemple incontestable et la situation lyonnaise particulièrement édifiante. D’ailleurs au Modem local ils ne sont guère nombreux à se faire des illusions sur un Bayrou qui devrait d’ici quelques mois se résoudre à voir partir son ami Michel Mercier vers les cieux protecteurs du gouvernement Sarkozy II.

C’est dans ce contexte pour le moins curieux qu’intervient la cantonale partielle du 5ème arrondissement marquée par la candidature de mon collègue Modem du Conseil Municipal et membre de notre majorité, Thomas Rudigoz.

Il y a encore quelques temps les candidats socialistes étaient pléthores, nombreux à vouloir saisir une opportunité pareille pensant peut-être que dans la conjoncture actuelle les circonscriptions électorales se ramassent à la pèle quand on est socialiste et lyonnais. Aujourd’hui mon ami Daniel Malicier maintient sa candidature malgré le soutien du PS à Thomas Rudigoz. Je le regrette car prendre ce siège à l’UMP n’est ni une formalité et encore moins anecdotique. Si l’on intègre à la fois des enjeux propres au Conseil Général mais aussi ceux qui sont devant nous, je songe aux prochaines élections régionale, il convient de se dire que c’est par la mobilisation d’un arc de forces allant de la gauche aux centristes animés des mêmes bonnes intentions que Thomas Rudigoz, que l’issue sera favorable.

Sans aller à dire que cette élection partielle est une répétition générale, force est de constater que l’avenir que nous souhaitons tous victorieux commence à s’initier aujourd’hui. La multiplication des candidatures étant le signe de cette maladie génétique qui ronge parfois la gauche, je n’arrive pas à saisir le bien fondé et la force de cette déraisonnable multiplicité.

Celle issue des rangs socialistes ne trouvant en aucune façon sa légitimité dans la dissidence, il conviendrait enfin de mesurer, pendant qu’il en est encore temps, qu’en politique l’essentiel n’est pas de participer. C’est l’une des grandes différences avec le pentathlon moderne.

Lyon, le 15 mai 2008