« Un mec comme lui, on n’aurait jamais dû l’envoyer en Algérie ; pour lui, 56, ça aurait dû être l’année de son mariage, sa mère aurait été contente, elle chez qui il devait revenir tous les soirs, après le boulot, sans dire autre chose de la soirée que bonsoir, m’man ! »
C’est de la guerre d’Algérie dont parle Laurent Cachard dans son roman « Tébessa, 1956 ». De la guerre, du contingent, de ces gones venus de Villeurbanne ou de la Croix-Rousse, partis au départ pour 18 mois, peut-être trente voire quarante-huit comme disait alors la rumeur.
Dix jours pour arriver à Marseille sans passer par la case « Bonne Mère », Alger, la casbah, la mort et juste avant la mort la mémoire en désordre. Celle de la guerre. Les cours d’horticulture avec Monsieur Perroud. Michèle Ferrara à la J.O.C. Lendroit qui passe l’arme à gauche et à qui on ne pourra pas rembourser cette dette de mille Francs. Le souvenir de Louise qui habitait rue Dumenge. Dormir. Mourir.
Les gradés pensaient parfois qu’il s’appelait Bernard et non Gérard. Il avait vingt ans. C’était à Djeuf, canton de Tébessa, en AFN comme on disait à l’époque, un 5 avril 1956. Tombé au combat. Dans la fiche administrative dressée par le service de santé et signée par l’officier gestionnaire on avait fait l’inventaire de la valise de Gérard : un portefeuille contenant un talon de mandat, une carte d’identité, une pipe, un briquet, une brosse à habits, deux gants de toilettes…Un roman dont je vous conseille la lecture.
Laurent Cachard, « Tébessa, 1956 », Editions Raison et Passions, 13 Euros.
L’ouvrage est disponible à « La librairie des canuts » (4ème), « Le Bal des ardents » (1er) et à « La Librairie du Tramway » (3ème).
Si vous habitez « ailleurs », contactez l’éditeur 33 rue Philippe Genreau, Dijon.
Lyon, le 14 mai 2008





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