Crumb

4 05 2008

Hier j’évoquais ma grande satisfaction de constater le grand retour de la « Figuration narrative ». Comme si les bonnes nouvelles arrivaient par paires, un autre lascar des années soixante connait lui aussi une forme de reconnaissance, il s’agit de Crumb.

Les jeunes générations connaissent assez peu l’illustrateur américain roi de la BD underground des sixties si ce n’est par la pochette du « Cheap Thrills » de Janis Joplin ou la fréquentation miraculeuse d’anciens numéros d’Actuel. Crumb est pourtant un des monstres du dessin de la « contre culture » de l’époque mais Devil Girl ou Mr Natural n’ont pas nécessairement fait le bout de chemin nécessaire pour aller à la rencontre des jeunes gens d’aujourd’hui.

En publiant un magnifique petit album intitulé « R. Crumb héros du blues, du jazz et de la Country », les éditions de la Martinière vont permettre à chacun d’encore mieux connaître l’univers graphique si particulier du ricain de Montpellier mais surtout de pénétrer dans la patrie musicale de l’auteur de Fritz the cat qui n’est pas la pop des années soixante mais bien le blues et la country des années trente.

L’ouvrage en question divisé en trois grandes sections est une alternance de notices bien ficelées sur des artistes parfois méconnus et d’illustrations vieillottes, datées et magnifiques de Crumb. Pour connaître l’essentiel sur Blind Gary Davis, Ernest Stoneman and the blue Redge Corn Shuckers mais aussi réviser les bios de Skip James, Fletcher Henderson ou la Carter family il n’y a pas mieux. Sur plus de 230 pages et un CD audio les textes de Stephen Calt, David Tasen et Richard Nevins jouent magnifiquement avec les vignettes du grand Crumb. Un album à feuilleter matin, midi et soir pour le prix fort modique de moins de 20 euros.

Lyon, le 4 mai 2008.