Comme bien du monde j’apprécie David Lynch. J’aime en particulier, tout en étant pas très certain d’en comprendre la cohérence, des films comme « Lost highway ». Ce ricain arty et classieux en fait parfois un peu trop dans la pause mais nous lui pardonnons certaines de ses productions extra-cinématographiques au rang desquelles on peut citer bien des œuvres plastiques (« the air is on fire ») et surtout son insipide et même ridicule virée musicale avec « Blue Bob ».
Une fois ces lignes dévotes mais jamais aveuglées écrites, une fois dit que David Lynch est un grand auteur de films, je voudrais me pencher sur sa dernière production « littéraire » fraîchement traduite en français et publiée par les Editions Sonatines sous le titre « Mon histoire vraie » (« Catching the big fish » en anglais !)
Passée l’épreuve de la dédicace adressée à sa Sainteté Maharishi Maresh Yogi, la prose de Lynch oscille, sous forme de courts billets, entre l’intéressant, l’informatif, le pathétique et parfois le pitoyable.
Quand il s’agit de parler cinéma, notre homme est non seulement au rendez-vous et le plus souvent à la hauteur de nos espérances. Pour ce qui concerne la musique c’est moyen, quant à sa philosophie de la vie il nous rapporte des expériences et des observations qui doivent probablement faire vibrer les fans d’une douzaine de cantons autour de Los Angeles mais vraiment pas plus.
Quand vous saurez que Lynch avait dans les années quatre-vingt l’habitude de prendre chaque jour un milk-shake au Bob’s Big Boy et que, je cite, « c’est fascinant de regarder un feu. C’est magique » vous lirez ce bouquin en limitant votre temps à la consultation des pages qui relèvent du cinéma.
Au beau milieu d’un texte intitulé « la conscience », Lynch écrit « si l’on possède une conscience de la taille d’une balle de golf, la compréhension qu’on aura du livre qu’on lit sera limitée à la taille d’une balle de golf ». Alors désolé mon cher David, je ne sais pas si ma conscience a la taille d’une balle de golf, mais ce dont je suis certain c’est que j’aime pas les mecs qui me prennent pour une bille.
Lyon, le 29 avril 2008





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