Dans le cadre de la préparation du Congrès Socialiste de novembre prochain, Julien Dray propose un petit livre intitulé « Et maintenant ? » (Le cherche midi éditeur) et vous comprendrez qu’à la simple lecture du titre on est tenté, simple référence à Gilbert Bécaud, de répondre à l’unisson, « Que vais-je faire ? »
A bien réfléchir, telle est l’interrogation qui mine bon nombre d’adhérents mais aussi d’électeurs du Parti Socialiste à l’aube de ce congrès qui non seulement va nous conduire à trouver un successeur à François Hollande (lui-même ?), mais aussi, comme l’indiquait Dray dans son précédent bouquin à choisir entre « changer ou mourir ». Alors qu’allons nous faire ou plutôt que nous propose Dray pour changer et donc ne pas mourir ?
Je viens dons de lire ce petit livre de tout juste soixante-dix pages dans l’avion retour d’Erevan et malgré les cafés ingurgités à l’escale de Munich, j’avoue rester interrogatif même si ma sympathie à l’égard de Dray, comme de certains autres, est intacte.
Plutôt bien troussé, avec une plume alerte, nul ne peut contester ce « Et maintenant ? » pour ce qui relève de l’analyse du Sarkozisme et le potentiel réel du Président à rebondir dans les mois et les années qui viennent. Même chose et donc même accord avec Dray quand il s’agit d’indiquer que nos défaites successives aux présidentielles s’expliquent par d’autres défaites accumulées sur le champ de bataille des idées, l’auteur convoquant assez justement Gramsci pour l’occasion.
Côté congrès, après 30 pages dont on ne doit pas changer la moindre virgule, tout en développant sans trop l’évaluer sur le fond l’idée que le salut ne viendra pas du choix d’un chef présidentiable, Dray commence à ramer et pour être honnête, en pareille circonstance, il ne devrait pas être seul.
Congrès d’unité et de rassemblement. Remise en cause de nos certitudes. Ce qui rassemble les socialistes est plus fort que ce qui les divise… Dray mouline les évidences au point de se retrouver au milieu du bouquin face à une sorte de nouveau « ni-ni », ni congrès pour désigner un chef, ni congrès de refondation idéologique.
Si j’ai bien compris le message, mais n’ayant pas ce matin les yeux en face des trous je peux me tromper, pour Julien Dray, ce congrès doit être le moment de la remise au travail du PS et pour ce faire il convient de ne pas désigner un Premier Secrétaire « obnubilé par sa propre candidature ». L’auto portrait est sympathique mais en vérité un peu court.
Dans une courte conclusion répondant par avance à ses opposants qui vont l’accuser de penser que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », Dray réaffirme la nécessité de l’union et du rassemblement des socialistes. Il n’empêche que si la perspective était toujours de « changer ou mourir », cette contribution de Julien Dray en appelle d’autres sous peine de continuer à vivoter en ne changeant rien.
Lyon, le 17 avril 2008





Commentaires récents