J’imagine d’ici l’éclat de rire du bureaucrate chinois en charge des jeux olympiques en apprenant que Douillet allait faire porter un pins aux athlètes, estampillé des anneaux olympiques et de la mention « Pour un monde meilleur ».
La flamme va donc parcourir aujourd’hui les rues de Paris et les «torcheurs » pourront raccourcir leur foulée pour que les spectateurs, mais surtout les gendarmes, massés tout au long du parcours observent bien le badge contestataire.
Les mêmes qui expliquaient il y a encore quelques jours que le sport et la politique n’avaient rien en commun, se battent donc aujourd’hui pour un monde meilleur. C’est déjà cela de pris. Il faut croire que sous le survêtement, une conscience somnolait puisque notre judoka national, David Douillet, indiquait l’autre semaine à la Mairie de Paris que son cœur saignait quand il voyait que sur certains T-shirts, les anneaux olympiques laissaient la place à des menottes. Le colosse chiraquien, telle une nouvelle conscience nationale, rajoutait, au bord des larmes, que cela lui faisait le même effet que de brûler le drapeau.
Après toute cette histoire, je vous fais le pari que maintenant on ne va plus entendre sportifs et hommes politiques (rarement de haut niveau) nous indiquer des formules du type « les sportifs c’est fait pour le sport, les hommes politiques pour la politique » c’est donc définitif, à partir d’aujourd’hui les J.O. c’est politique puisque Capitaine Flamme, lui-même, a décidé de se battre « pour un monde meilleur ».
Pour dérider notre bureaucrate de Pékin, je suggère donc à notre champion olympique de demander dès aujourd’hui l’autorisation de rendre visite à quelques prisonniers politiques chinois afin de remettre très officiellement ce badge rebelle. Je vous mets mon billet que les contestataires chinois ne goûteront pas le sens de l’humour de Douillet et Sérandour.
Lyon, le 7 avril 2008.





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