Liverpool, avec son « European capital of culture », est en pleine bourre. Première ville anglaise à bénéficier de ce label, la ville des « Fab Four » conduit depuis de nombreuses années un chantier de rénovation urbaine impressionnant accompagné d’une véritable mobilisation orchestrée entre autre par la « Liverpool Culture Company » sorte d’agence imaginée par la municipalité en 2000. Mais ne rêvons pas. Malgré le boom économique et les efforts des pouvoirs publics, 13 des quartiers liverpuldiens figurent encore parmi la triste liste des banlieues les plus pauvres du pays et plus de la moitié de la population se situe parmi les 10 % d’Anglais les plus pauvres.
Quand on évoque Liverpool on ne peut s’empêcher de penser à Anfield Road et à son stade mythique et surtout aux Beatles. Avec la sortie de son album « Liverpool eight », Ringo Star vient d’effectuer un retour plus opportuniste qu’opportun en cette année européenne de la culture et l’affection que nous avons pour cette ville nous interdira d’en dire du mal. Même remarque et même punition concernant Paul Mc Cartney qui le 1er Juin, dans le cadre des festivités de cette année européenne, s’apprête à investir, pour un concert géant, Anfield.
Plus intéressants et peut-être plus significatifs deux enregistrements effectués à Liverpool nous sont proposés cette semaine. Ils sont le fruit de groupes n’ayant rien à voir de près ou de loin avec la ville puisque l’un, The Gossip, est basé à Portland (Orégon) et l’autre, The Brian Jonestown Massacre, est de San Francisco.
Le double CD-DVD de Gossip intitulé « Live in Liverpool » est l’introduction idéale pour ceux qui veulent découvrir le trio conduit par Beth Ditto. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt la musique au demeurant assez conventionnelle de Gossip ne serait pas grand-chose sans cette fantastique chanteuse et « Show-women » exceptionnelle qu’est Beth Ditto. Coproduit par l’inévitable Rick Rubin, ce double album peut légitimement rentrer dans le club très fermé des enregistrements publics remarquables. (Sony-BMG)
C’est également du côté de Liverpool (mais aussi de Reykjavik) que le très improbable Brian Jonestown Massacre est venu enregistrer son « My bloody underground » (a records, www.cargorecords.co.ok).
Je dois vous avouer qu’il y a belle lurette que je ne me faisais plus la moindre illusion sur Anton Newcombe et son combo à géométrie extrêmement variable. Même l’excellent rockumentaire « Dig » m’avait laissé de marbre et me perdre dans les méandres de la discographie illisible des Californiens n’était plus de mon âge. Tout cela pour vous dire que ce « bloody underground » exige que nous révisions notre propos à l’égard de New combe tant l’album est pour moi une des très bonnes surprises de ce mois d’avril pléthorique. Certains vont bien entendu se dire qu’acheter une énième rondelle de the Brian Jonestown Massacre est la dernière des « c……. » puisque télécharger gratuitement la production du groupe est un jeu d’enfant. Je vous propose tout de même, en guise d’hommage à Liverpool, de vous procurer The Gossip et The Brian Jonestown Massacre en demandant à la caissière de vous offrir le misérable disque de Ringo Star. On ne sait jamais cela peut marcher.
Lyon, le 6 avril 2008





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