C’est son retour. Après des mois de silence mais avec une acuité politique parfaitement intacte, des fondamentaux toujours aussi solides et une énergie à faire pâlir les jeunes loups qui bavent d’ambition, il devrait de main de maître, en ce printemps 2008, faire taire ceux qui voulaient le ranger dans la cabane des accessoires. Soyons clair, je ne veux pas parler de Lionel Jospin mais de Mickaël Stipe qui avec ses camarades de REM propose ces jours-ci un album réjouissant, « Accelerate ».
Après quelques années de patinage parfois soporifique, la formation d’Athens revient donc en force à coups de guitares à l’ancienne et de compositions directes pour un quatorzième album studio bouclé en moins de dix semaines, enregistré quasiment dans les conditions du direct et qui devrait faire merveille sur scène. Les spectateurs lyonnais en seront les témoins privilégiés le 8 juillet au cours des « Nuits de Fourvière ».
Mickaël Stipe, Peter Buck et le très sous-estimé bassiste Mike Mills mettent donc les points sur les « i » avec un album rôdé avant son enregistrement sur quelques scènes irlandaises et qui devrait faire revenir au bercail nombre de fans qui au fil des ans s’étaient perdus entre compilations, rééditions et autres best of.
Ce retour de REM à l’énergie du rock ne se fait pas au détriment de l’engagement politique du groupe. Partie prenante de la série de concerts initiés par Bruce Springsteen au cours de la campagne de renouvellement du mandat de George W. Bush, Stipe et sa bande remontent à la charge.
Citant en introduction de « Until the day is done » Sinclair Lewis (« Quand le fascisme arrivera en Amérique il sera enveloppé dans le drapeau et portera la croix »), « Accelerate » évoque très directement la situation politique américaine et singulièrement le sort de la Nouvelle Orléans sans oublier le dernier titre, « I’m gonna DJ » et sa vision sarcastique du jour de l’Apocalypse.
Ce début avril risque d’être terrible pour nos cartes bleues puisque avec cet « Accelerate » de REM sortent le très bon « bleu pétrole » de Bashung dont je compte vous entretenir demain, un Jean-Louis Murat dont on me dit grand bien, mais aussi un live de Gossip à ranger au rayon de la crème des enregistrements en public sans oublier le dernier opus du Brian Jonestown Massacre dont je n’attendais pas grand-chose mais qui s’avère un miracle comme on dit à Rock & Folk.
On en reparlera dimanche jour de la Saint Marcellin.
Lyon, le 4 avril 2008.





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