Fake Oddity

30 04 2008

Demain c’est le 1er Mai, même si vous comptez aller manifester, cela ne devrait pas vous empêcher d’aller le soir au Ninkasi Kao assister au concert des frères Gorman, autrement dit de Kill the Young.

Les mancuniens qui revendiquent une filiation avec leurs ainés de Buzzcocks (le 10 mai aux Nuits Sonores) font partie de ces artistes qui font particulièrement les yeux doux au public français. Allez-savoir pourquoi ?

Il conviendra de ne pas arriver trop en retard au concert puisque Mediatone programme en première partie son groupe protégé, les lyonnais de Fake Oddity. Excellent groupe de scène, la formation conduite par Faïk, leur chanteur guitariste turc d’origine, ne devrait pas décevoir. Auteur d’un premier album autoproduit (Pinkstrasse) Fake Oddity est en passe de distribuer un second opus enregistré en Turquie au studio IMAJ d’Istanbul dont je ne sais rien ou pas grand-chose.

Lauréat en 2005 du Trophée Dandelyon puis du tremplin des Côtes du rock (Vienne), Fake Oddity a les moyens de voir la vie en large pour peu que le Dieu du rock lui prête vie. A ne pas rater.

Puisque nous en sommes au Ninkasi Kao, noter le 14 mai le concert des amis de Jean-Louis Murat, Cocoon.

Lyon, le 30 avril 2008





Tonton David

29 04 2008

Comme bien du monde j’apprécie David Lynch. J’aime en particulier, tout en étant pas très certain d’en comprendre la cohérence, des films comme « Lost highway ». Ce ricain arty et classieux en fait parfois un peu trop dans la pause mais nous lui pardonnons certaines de ses productions extra-cinématographiques au rang desquelles on peut citer bien des œuvres plastiques (« the air is on fire ») et surtout son insipide et même ridicule virée musicale avec « Blue Bob ».

Une fois ces lignes dévotes mais jamais aveuglées écrites, une fois dit que David Lynch est un grand auteur de films, je voudrais me pencher sur sa dernière production « littéraire » fraîchement traduite en français et publiée par les Editions Sonatines sous le titre « Mon histoire vraie » (« Catching the big fish » en anglais !)

Passée l’épreuve de la dédicace adressée à sa Sainteté Maharishi Maresh Yogi, la prose de Lynch oscille, sous forme de courts billets, entre l’intéressant, l’informatif, le pathétique et parfois le pitoyable.

Quand il s’agit de parler cinéma, notre homme est non seulement au rendez-vous et le plus souvent à la hauteur de nos espérances. Pour ce qui concerne la musique c’est moyen, quant à sa philosophie de la vie il nous rapporte des expériences et des observations qui doivent probablement faire vibrer les fans d’une douzaine de cantons autour de Los Angeles mais vraiment pas plus.

Quand vous saurez que Lynch avait dans les années quatre-vingt l’habitude de prendre chaque jour un milk-shake au Bob’s Big Boy et que, je cite, « c’est fascinant de regarder un feu. C’est magique » vous lirez ce bouquin en limitant votre temps à la consultation des pages qui relèvent du cinéma.

Au beau milieu d’un texte intitulé « la conscience », Lynch écrit « si l’on possède une conscience de la taille d’une balle de golf, la compréhension qu’on aura du livre qu’on lit sera limitée à la taille d’une balle de golf ». Alors désolé mon cher David, je ne sais pas si ma conscience a la taille d’une balle de golf, mais ce dont je suis certain c’est que j’aime pas les mecs qui me prennent pour une bille.

Lyon, le 29 avril 2008      





Foot

28 04 2008

Samedi soir à Gerland, l’Olympique lyonnais était à l’image de sa saison 2007-2008. Une première mi-temps plus que modeste d’équipe de milieu de tableau. Une seconde probablement pimentée par le fait de devoir jouer à dix, un peu plus digne d’un champion. Au bout du compte un petit point glané. Les Girondins n’ayant pas fait mieux, on ne peut que remettre la balle au centre, jouer les trois derniers matchs et commencer à oublier une saison pénible qui nous laisse tout de même plus que pensif.

Parmi les raisons d’espérer on doit de toute évidence se satisfaire de l’éclosion de Karim Benzema (encore deux buts samedi). Par son talent le jeune Brondillant peu commencer à se dire que parfois il flirte avec le génie. Avec la longue indisponibilité de Cris, la forteresse lyonnaise a souffert cette saison. Depuis son retour le Brésilien apporte rigueur, confiance et motivation, c’est donc la seconde raison de songer à un avenir plus conforme au standing du club. Troisième grande satisfaction, l’indispensable Jérémy Toulalan. L’ex Nantais est efficace, généreux, sûr et opiniâtre. Son CDI en équipe de France semble assuré. Il est devenu plus que nécessaire à Domenech et à l’OL.

Un ton légèrement en dessous on se doit de saluer la belle saison de Sydney Govou, le bon retour de blessure de Coupet sans oublier l’excellente fin d’intérim de sa doublure Vercoutre.

Pour le reste, tout n’est que doute. Samedi le coach a fait l’insigne honneur d’accorder trois minutes de jeu à Ben Arfa tandis que le pauvre Fred continuait à être confondant de tiédeur et d’approximation. Si on ajoute à cela la lourdeur d’un Karlström, l’insuffisance de Grosso, le jeu bavard mais pâle de Juninho, la saison qui s’achève est bien à l’image de ce Lyon-Caen. Une alternance de disette, de prostration et de trop rares moments de vaillance.

Problème de riches ? C’est évident quand on sait que les Lyonnais devraient probablement être en situation d’emmagasiner cette saison une paire de trophées supplémentaires avec la coupe et le championnat.

Les raisons de se réjouir sont donc rares et pourtant je vais vous proposer de vivre le bonheur cette fin de saison en vous précipitant sur le numéro hors-série de « So Foot » en vente depuis peu dans nos kiosques. Compilation du meilleur de ce magazine nerveux, intelligent et concerné qui fête dignement ses 5 ans, tout au long des 200 pages de ce « meilleur du déjà très bon », vous retrouverez le grand Cantona, l’immense Platoche, Sir Alex, mais aussi l’écrivain Bruce Hornby lançant à Arsène Wenger, « Dis à tes joueurs de mettre London Calling des Clash dans le vestiaire », le Blur Demon Albarn et l’impitoyable Jean-Louis Murat s’en prenant à Zizou et Deschamps.

Indispensable.

« So Foot », hors série-numéro double, 4,90 Euros- www.sofoot.com

Lyon, le 28 avril 2008      





Kurt chez le psy

27 04 2008

Il m’arrive de temps à autre d’attirer votre attention sur les bons coups culturels que nous réserve l’agglomération. Des « invites » aux Festival de jazz de Vaulx ou Francheville, de l’épatente programmation de l’Epicerie Moderne aux rendez-vous que Bron nous réserve en matière de danse Hip Hop, les occasions sont nombreuses de passer les frontières lyonnaises. Aujourd’hui c’est à Oullins, et plus précisément au théâtre de la Renaissance, que je veux vous entraîner.

A partir de demain et jusqu’au 7 mai, en coproduction avec l’Opéra de Lyon, la Renaissance monte « Lady in the dark » de Kurt Weill, un must créé au début des années quarante qui marque les débuts triomphants de la période New Yorkaise du compositeur Allemand qui avait fui le nazisme.

« Lady in the dark » dont les principaux airs sont devenus des grands classiques au même titre que « l’Opéra de quat’sous » est le fruit du travail conjoint de Kurt Weill et de Ira Gershwin d’après le livret de Moss Hart.

Œuvre puisant dans les approches de la psychanalyse, « Lady in the dark » est bien plus qu’une comédie musicale à la Broadway. C’est une pièce musicale majeure dont les envolées jazzy continuent de séduire les mélomanes parfois rassasiés que nous sommes. Mis en scène par Jean Lacornerie, sous la direction musicale de Scott Stroman, ce « Lady in the dark » devrait être à l’évidence l’un des grands évènements musicaux de la saison.

Renseignements au 08 26 30 53 25

Lyon, le 27 avril 2008  





Vépé

26 04 2008

Me voici donc Vice-président du Grand Lyon (V.P.) probablement en charge de la stratégie de développement de l’agglomération. Je veux bien entendu remercier Gérard Collomb de la confiance qu’il me témoigne en pareille occasion ce d’autant que cette tâche devrait faire partie des quelques points majeurs de son nouveau mandat. En effet en indiquant dans son discours d’investiture du 18 avril qu’il convenait « d’aller encore plus loin dans la mutation de l’agglomération », le Président du Grand Lyon avait pris soin de préciser qu’il convenait de continuer à mieux associer l’ensemble des territoires de la Communauté Urbaine mais aussi d’édifier une Métropole capable de soutenir la comparaison avec les grandes agglomérations européennes.

Il y a huit jours en recevant, quelques heures avant la séance inaugurale du présent mandat, le nouveau Maire de St-Etienne, Maurice Vincent, Gérard Collomb avait clairement affiché son désir de voir le développement lyonnais se tourner encore mieux vers de nouveaux partenaires. La capitale du Forez fait bien entendu partie des priorités lyonnaises tout comme le Nord-Isère, l’Ain, sans oublier, au sud, la ville de Vienne, à l’Ouest le Roannais et au nord de notre département Villefranche et pourquoi pas demain Mâcon.

Organiser nos destins communs au sein d’un vaste territoire qui devrait permettre à notre Métropole de s’installer définitivement dans le club très fermé des grandes entités européennes sera donc notre travail commun.

Comme le disait Gérard Collomb à son collègue Stéphanois, ce mouvement qui sera imprimé au cours du mandat qui s’amorce doit tourner le dos à ce qui s’opère en Ile-de-France depuis quelques décennies. Au contraire, au sein de ce réseau de villes, chacun doit pouvoir, en mettant en place de nouvelles synergies, cultiver sa propre identité renforcée par de nouvelles coopérations.

L’Université, le développement économique et la recherche, les infrastructures de transports seront les outils de ces rapprochements. La culture aussi. Cette volonté du Président du Grand Lyon d’associer les villes partenaires au dossier « Lyon, Capitale Européenne de la Culture » en 2013 n’est pas la plus mince des annonces. Y travailler pour le réussir est non seulement pour Lyon et son agglomération un défi d’envergure, mais cela sera aussi pour la coopération entre nos territoires qui constituent le réseau de nos villes un levier formidable pour imaginer « un nouveau modèle culturel et urbain en Europe ».

Lyon, le 26 avril 2008       





Reperkusound # 3

25 04 2008

Les Mediatone ne lâchent pas l’affaire puisque l’association lyonnaise nous propose ce week-end la troisième édition de son « Reperkusound » avec un plateau qui devrait satisfaire les amateurs du rock le plus lourd (Reperkurock ce soir) et les fondus d’électro et de dub (Electrokusound demain).Prix accessibles, avec notamment pour les lycéens l’acceptation de la carte M’Ra de la Région Rhône-Alpes, accueil toujours sympathique, moyens techniques à la hausse, programmation pointue, Mediatone met donc une fois de plus les petits plats dans les grands pour accueillir les 8 ou 9 000 spectateurs qui devraient, je l’espère, se rendre ce week-end à Eurexpo.

Avec une énergie à faire pâlir, comme dirait Godard, les « professionnels de la profession », toujours avec le bon esprit qui la caractérise, l’association prend encore de gros risques financiers cette année en organisant son festival. Fort de son armada de bénévoles, Médiatone arrose depuis des semaines de Flyers l’Europe entière pour convaincre en ces temps difficiles les jeunes de faire le voyage de Lyon. Alors si vous aimez Aqme, Mick Muir et son Infections Grooves, Fishbone ou bien Guns of Brixton et les hollandais de Kong Shiloh, le déplacement s’impose.

A signaler qu’Aqme est en rencontre-dédicace à la Fnac Bellecour cet après-midi à 17h30.

 

 

Lyon, le 25 avril 2008

PS: Erick Roux de Bezieux effectue son retour sur le net après quelques déboires. Je lui souhaite à nouveau bienvenue au club. 





« Si vous aimez le PS, quittez-le ! »

24 04 2008

Je savais mon ami Henry Delisle malin, astucieux mais gonflé à ce point, jamais. L’ex député socialiste bas-normand vient rien de moins que de signer un bouquin dont le titre « Si vous aimez le Parti socialiste, quittez-le ! » a du agiter le petit monde de Solferino dont la sensibilité à fleur de peau est légendaire.

Vieux et fidèle compagnon de François Mitterrand, l’ami Delisle vient en vérité d’écrire un livre de souvenirs politiques et le titre provocateur est en fait une formule d’un autre ami de Mitterrand, Georges Dayan , prononcée au début des années soixante-dix à propos de la question européenne. Pour ne rien vous cacher j’aime bien Henry Delisle et ayant passé quelques années à Caen et du côté du Pays d’Auge je me retrouve avec plaisir dans son livre. A la différence d’une autre figure du socialisme bas-Normand, je veux parler de Louis Mexandeau, le bouquin de l’ex Député-maire de Meridon est sympathique, positif et humain. Autre différence notoire, alors que celui de « Mex » paru l’an passé se terminait par une charge outrancière et artificielle contre Ségolène Royal celui d’Henry Delisle s’achève par un épilogue titré « Si vous aimez encore le PS, revenez-y, ça presse ! ».

A l’instar de quelques-uns comme nous, lors de la campagne de désignation de notre candidate, Henry Delisle n’avait pas été chiche dans son soutien à Ségolène Royal. En indiquant aujourd’hui à son lecteur sa foi dans un Parti Socialiste qui tangue, Henri Delisle reste fidèle à son long compagnonnage avec François Mitterrand. Alors comme Delisle dites à vos ami(e)s « ça presse ! ».

Henry Delisle, « Si vous aimez le Parti Socialiste quittez-le ! », Le cherche midi éditeur.

Lyon, le 24 avril 2008 





Craponne-sur-Country

23 04 2008

 

Même si j’ai conscience d’aggraver mon cas, j’avoue avoir quelques plaisirs à écouter de la musique Country. Pour tout vous dire mon I Pode ne déborde pas non plus de cette musique que bien des Européens désignent injustement comme de la soupe destinée à des ricains au front bas. Pour revenir à mon I Pode l’écoute régulière de Hank Williams ou de Johnny Cash suffisent à bon bonheur.

Craponne-sur-Arzon (charmant ?) village auvergnat organise chaque année ce qui doit être, de très loin, le meilleur festival de Country français. L’édition 2008 qui se tiendra du 25 au 27 juillet réserve comme chaque année quelques très bons rendez-vous la plupart du temps en exclusivité française voire européenne.

Asleep At the Wheel (US) et son western swing est de toute évidence l’une des bonnes surprises de cette programmation qui comprend également Dierks Bentley (US), le neo-traditionnaliste Georges Ducas (US), le bluegrass de Cadillac Sky (US) sans oublier le country rock du Texas Sapphire (US). Parmi la grosse quinzaine d’artistes qui seront présents en juillet prochain dans la patrie auvergnate de la country nous n’oublieront pas les « militants » français du genre et notamment l’excellente chanteuse Youpi Whaou.

Pour tout savoir sur le festival il faut se tourner vers le site www.countryrendezvous.com, pour réserver écrire à « Festival Country Rendez-vous », 6 place Croix de Carle, 43500 Craponne-sur-Arzon et pour s’assurer un hébergement contacter l’Office de Tourisme local au 04 71 03 23 14.

Lyon, le 23 avril 2008     





L’Histoire du Petit Nicolas

22 04 2008

Nicolas Sarkozy aime l’histoire ou plutôt aime l’utiliser et l’instrumentaliser pour mieux la réécrire et la réinventer. Sous la houlette du tandem Gallo-Guaino en charge de la « désaffiliation » historique auprès du Président on s’applique à détourner au profit de Nicolas Sarkozy des références historiques situées hors du champ traditionnel de l’idéologie de la droite française.

Avant, pendant comme après la campagne présidentielle on ne compte plus les références historiques Sarkozistes. Guy Môcquet, Jean Jaurès, Eugène Leroy, Léon Blum sont devenus peu à peu les héros du discours présidentiel et Verdun, le Mont St Michel, la cascade du bois de Boulogne et le plateau des Glières les lieux emblématiques de cette nouvelle histoire racontée aux Français.

En proposant au « Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire » (http://cvuh.free.fr) la rédaction d’un petit dictionnaire intitulé « Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France », les éditions Agone font œuvre salutaire alors que le Président en question s’apprête à fêter sa première année de mandat.

Placé sous la direction de Laurence De Cock, Fanny Madeline, Nicolas Offenstadt et Sophie Wahnich, cet ouvrage composé d’une cinquantaine de notices s’avère d’une rare efficacité tout en garantissant une approche scientifique jamais enlisée dans la polémique.

Avec ses contributions ne dépassant pas quatre à cinq pages tout y passe. De « Affaire Dreyfus » à « Vichy » en passant par « George Mandel » ou Repentance », ce petit livre atteint son objectif, celui de pointer un bradage, un lessivage et au bout du compte des dérives qui frisent à la manipulation.

Editions Agone, 15 euros (www.agone.org)

Lyon, le 22 avril 2008    





Happy Birthday

21 04 2008

Ça va pas fort pour Nicolas Sarkozy. Il est, si l’on s’en tient à la formule du « Journal du Dimanche » d’hier, boudé par les Français. Il faut dire que malgré le recentrage de sa vie privée, la chasse minutieuse aux dérives bling-bling, le Président n’arrive pas durablement à se hisser dans les sondages. Celui d’hier (Ifop-JDD), semble sans appel puisque près de 65% des Français s’estiment mécontents. Après la défaite des Municipales, les agitations centrifuges de sa majorité et surtout les annonces ministérielles qui ne sont que des torgnoles libérales promises aux Français, l’équation Elyséenne risque d’être difficile à résoudre.

Alors que la Présidence française de l’Europe se profile avec sa kyrielle de sales coups pour le pouvoir d’achat, les droits sociaux, la santé, les fonctionnaires, Sarkozy doit se résoudre à fêter un difficile anniversaire ce d’autant qu’une partie des Français ayant voté pour lui bascule dans la déception et l’amertume.

En milieu de semaine, je faisais mienne l’observation de Julien Dray dans son dernier bouquin visant à expliquer que Nicolas Sarkozy avait encore les moyens de rebondir. Cela étant, si le divorce avec les Français se solidifiait dans les prochains mois, il est clair que sur le plan politique la situation devrait se tendre dangereusement entre un pouvoir légitime disqualifié aux yeux des Français.

N’étant pas naïf, je sais bien que nombre d’opérations de diversion vont être mises en place par le pouvoir et que le joker d’un remaniement ministériel est toujours dans les mains du Président. Je sais aussi que l’opposition, et en particulier le Parti Socialiste, est encore loin d’offrir une posture crédible d’alternance. J’ai conscience que cette situation interlope sur le terrain politique, n’est en rien une garantie de résistance et encore moins de victoire pour le mouvement social. Bref, le malheur de l’un ne fait pas automatiquement le bonheur des autres. Il n’empêche qu’après un an d’exercice du pouvoir, Sarkozy connaît un affaiblissement qui pèse sur ses marges de manœuvre et qui facilite aussi le redressement de la gauche.

Aujourd’hui Sarkozy fête un « sale » premier anniversaire non sans offrir de « sales cadeaux » aux Français. En attendant d’y voir plus clair, je vous dirais demain quelques mots sur les étranges rapports que notre Président entretien avec l’histoire, fer de lance du combat idéologique du petit Nicolas, concocté par le duo Gallo-Guaino

Lyon, le 21 avril 2008           





Une mémoire sans papier

20 04 2008

Partant du simple constat que la production de documents numériques est l’objet d’une hausse vertigineuse, les Archives Municipales de Lyon et le Rize, centre Mémoires & Société de Villeurbanne, s’associent pour proposer du 8 avril au 26 juillet une exposition intitulée « Imaginons… une mémoire sans papier » avec le concours de 35 artistes.

Conférences, ateliers pour petits et grands, installation d’un logiciel libre, ces deux lieux proposent une série de manifestations et visites en marge de l’exposition qui se situe sur les deux lieux.

Deux journées d’étude autour du thème « Quel archivage pour demain ? » sont également programmées les 5 et 6 juin, l’une sur le défi de la conservation de la mémoire numérique pour les institutions patrimoniales, l’autre sur les usages de la mémoire informatique.

Archives Municipales de Lyon, 18 rue Dugas-Montbel, 69002 Lyon

Le Rize (centre Mémoires & Société), 23 rue Valentin-Haüy, 69100 Villeurbanne

Lyon, le 20 avril 2008





La leçon lyonnaise

19 04 2008

 Hier après-midi, Gérard Collomb était sans surprise à nouveau élu Président du Grand Lyon. Fidèle à sa ligne d’ouverture Gérard Collomb pourra ainsi poursuivre sur la lancée de son premier mandat une politique appréciée bien au-delà des frontières d’une gauche pourtant dominante dans l’assemblée. Cette victoire attendue devrait être méditée par le couple Gaudin-Muselier du côté de Marseille. En effet, la défaite de Renaud Muselier pour prendre la tête de la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole en dit assez long sur certains phénomènes de décomposition de la droite. Contrairement au réaliste Alain Juppé qui a indiqué se satisfaire d’une agglomération bordelaise présidée par un socialiste, à Marseille la défaite Umpiste est éclairante en particulier quand on analyse les réactions du clan Gaudin.

Parlant à l’égard d’élus plutôt situés à droite mais ayant préféré apporter leur soutien au socialiste Caselli de « Traitre », de « menteurs » et autres noms d’oiseaux, Muselier évoque au terme de sa défaite « un déni de démocratie », « de coups tordus » et en appelle même au Préfet pour « casser l’élection ».

Cette morgue affichée à Marseille démontre une fois de plus le peu de cas que l’UMP fait des élus y compris des siens. L’actuelle session parlementaire en est également une démonstration éclairante mais revenons dans les Bouches-du-Rhône.

L’ex pro-Gaudin et Maire de Plan-de-Cuques, Jean-Pierre Bertrand ne dit pas autre chose en justifiant son vote pour le candidat socialiste ; « Les Maires en ont assez » dit l’élu en question. « Cela suffit et c’est l’intérêt général qui doit prévaloir » précise le rebelle. Cette mésaventure de la droite Marseillaise n’est pas contrairement à ce que dit l’amer Muselier un coup fourré et l’ex anecdotique secrétaire d’Etat de Chirac, plutôt que de s’en prendre aux élus de sa propre famille, devrait méditer avec Jean-Claude Gaudin la leçon lyonnaise de Gérard Collomb.

Lyon, le 19 avril 2008      





Aimé Césaire 1913-2008

18 04 2008

  « Entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.

Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l’homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourne, en chicote et l’homme indigène en instrument de production.

A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.

J’entends la tempête. On me parle de progrès, de “réalisations”, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes.

Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer.

Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse. »

 

Aimé Césaire, extrait de « Discours sur le colonialisme » éditions Présence Africaine.

Lyon, le 18 avil 2008





Qu’allons-nous faire ?

17 04 2008

   Dans le cadre de la préparation du Congrès Socialiste de novembre prochain, Julien Dray propose un petit livre intitulé « Et maintenant ? » (Le cherche midi éditeur) et vous comprendrez qu’à la simple lecture du titre on est tenté, simple référence à Gilbert Bécaud, de répondre à l’unisson, « Que vais-je faire ? »

A bien réfléchir, telle est l’interrogation qui mine bon nombre d’adhérents mais aussi d’électeurs du Parti Socialiste à l’aube de ce congrès qui non seulement va nous conduire à trouver un successeur à François Hollande (lui-même ?), mais aussi, comme l’indiquait Dray dans son précédent bouquin à choisir entre « changer ou mourir ». Alors qu’allons nous faire ou plutôt que nous propose Dray pour changer et donc ne pas mourir ?

Je viens dons de lire ce petit livre de tout juste soixante-dix pages dans l’avion retour d’Erevan et malgré les cafés ingurgités à l’escale de Munich, j’avoue rester interrogatif même si ma sympathie à l’égard de Dray, comme de certains autres, est intacte.

Plutôt bien troussé, avec une plume alerte, nul ne peut contester ce « Et maintenant ? » pour ce qui relève de l’analyse du Sarkozisme et le potentiel réel du Président à rebondir dans les  mois et les années qui viennent. Même chose et donc même accord avec Dray quand il s’agit d’indiquer que nos défaites successives aux présidentielles s’expliquent par d’autres défaites accumulées sur le champ de bataille des idées, l’auteur convoquant assez justement Gramsci pour l’occasion.

Côté congrès, après 30 pages dont on ne doit pas changer la moindre virgule, tout en développant sans trop l’évaluer sur le fond l’idée que le salut ne viendra pas du choix d’un chef présidentiable, Dray commence à ramer et pour être honnête, en pareille circonstance, il ne devrait pas être seul.

Congrès d’unité et de rassemblement. Remise en cause de nos certitudes. Ce qui rassemble les socialistes est plus fort que ce qui les divise… Dray mouline les évidences au point de se retrouver au milieu du bouquin face à une sorte de nouveau « ni-ni », ni congrès pour désigner un chef, ni congrès de refondation idéologique.

Si j’ai bien compris le message, mais n’ayant pas ce matin les yeux en face des trous je peux me tromper, pour Julien Dray, ce congrès doit être le moment de la remise au travail du PS et pour ce faire il convient de ne pas désigner un Premier Secrétaire « obnubilé par sa propre candidature ». L’auto portrait est sympathique mais en vérité un peu court.

Dans une courte conclusion répondant par avance à ses opposants qui vont l’accuser de penser que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », Dray réaffirme la nécessité de l’union et du rassemblement des socialistes. Il n’empêche que si la perspective était toujours de « changer ou mourir », cette contribution de Julien Dray en appelle d’autres sous peine de continuer à vivoter en ne changeant rien.

Lyon, le 17 avril 2008     

 





Quatre ans

16 04 2008
Quatre ans. Cela fait quatre ans que le journaliste Guy-André Kieffer a disparu du côté d’Abidjan dans des circonstances dont nous n’osons imaginer l’horreur.

Journaliste chevronné, Guy-André Kieffer avait travaillé à Libération, 18 ans à la Tribune et lors de sa disparition assurait la correspondance de la Lettre du Continent. Spécialiste de l’Afrique et singulièrement de son économie, Guy-André Kieffer avait travaillé sur le commerce des armes en Côte d’Ivoire, certains financements de la rébellion au Liberia, le paiement de salaires occultes entre Abidjan et la Guinée-Bissau.

Le 16 avril 2004 la vie de sa famille et de ses amis s’est subitement suspendue. Ce jour-là un journaliste libre et indépendant disparaissait. En Pareille circonstances le temps qui s’écoule est le pire des ennemis. Aujourd’hui nous devons nous souvenir de Guy-André Kieffer et témoigner de notre soutien à toute sa famille.

Lyon, le 16 avril 2008.