A l’occasion du dernier Midem, on a donc phosphoré pour trouver un remède de cheval à cette crise. D’Universal à Nokia la réponse miraculeuse est identique. Elle s’appelle le téléphone. Avec Illimytics de SFR, le MTV 3.3, Orange Media Payer, Nokia Music Store on mouline pour fidéliser les premiers clients et capter les futurs utilisateurs.
Au-delà du fait que la solution est beaucoup plus dans le web que strictement dans le téléphone, Apple étant là pour le rappeler, il y a quelque chose de pathétique à voir les majors s’accrocher avec une certaine désespérance à ce que Pascal Nègre nomme « La nouvelle génération de consommateurs née avec Internet, le mobile et la Playstation ». Le patron d’Universal croit impressionner la galerie en indiquant dans « Stratégies » qu’il a vendu 140 000 singles téléchargés de Mika sur les seuls mobiles SFR.
Après tout peu importe, le mobile sauvera peut-être l’industrie du disque, sûrement pas la musique et c’est bien là que se situe le problème.
Lyon, le 16 Février 2008.





[...] De Lyon et d’ailleurs, le blog de Jean-Yves Secheresse wrote an interesting post today on Le téléphone pleureHere’s a quick excerptéphone, Apple étant là pour le rappeler, il y a quelque chose de pathét… [...]
- Allô!
- Écoute Perben est près de toi, il faut lui dire: “Perben, c’est quelqu’un pour toi”
- Ah! c’est l’électeur de la dernière fois. Bon, je vais le chercher. Je crois qu’il est dans son train et je sais pas s’il va pouvoir venir
- Dis-lui, je t’en prie, dis-lui c’est important et il attend
- Dis, tu lui as fais quelque chose à Perben, il me fait toujours des grands signes, il me dit toujours tout bas: “Fais croire que je suis pas là”
Crise du disque…Bel héritage d’un temps que les moins de vingt ans ont bien connu, celui des années 90. Vous vous rappelez ? Les artistes étaient remplacés par les producteurs, et la masse populaire infinie dont tout le monde se foutait, achetait à des prix exorbitants le produit des majors qui depuis 15 ans détenaient déjà 80 % du marché. Ceux là agoniseraient-il aujourd’hui ? Universal, EMI, Sony, sans oublier BMG ‘Baise Mon Groupe’ ?…
Resultat ? Révolu le temps des profits et du monopole sans partage…
Et maintenant. Maintenant ils savent ce qu’est l’avenir de la musique. Les concerts, les événements… C’est pourquoi de nouveaux contrats apparaissent en ce moment même chez ces grands labels, réclamant par accord de faire toucher un pourcentage à la maison de disque sur le merchandising et les manifestations des groupes et des artistes (ainsi on ne perd pas le nord, on va là où est le fric).
Il ne faudrait tout de même pas oublier que c’est aux majors, qu’un professeur allemand avait proposé son invention : le MP3. A l’époque, c’est bien eux qui, comme à leur habitude, n’ont pas voulu faire ce pari, et n’ont pas su saisir cette opportunité là…Le MP3.
Cette crise du disque est une fiction… Réellement. Les artistes sont moins pénalisés désormais qu’Internet est à portée de leur futur publique, que lorsque rien ne se passait, ni en radio, ni chez les disquaires, et qu’il fallait pointer aux bureaux des majors pour que…rien ne se passe.
Mais réfléchissons…Avons nous déjà vu chez les plus jeunes une culture musicale aussi riche que depuis l’arrivée des téléchargements ?
Ils ne volent pas la musique, ni les artistes. Ils volent LA CULTURE…Jamais avant ça on a vu autant de monde dans les concerts, jamais avant ça on a connu un gosse de 16 ans chanter les Doors par cœur, alors que les parents écoutent Vincent Delerme.
Personnellement, je télécharge. Par déontologie, jamais plus de deux ou trois morceaux par album. Et puis, je n’ai pas de quoi me payer “la musique”. Mais j’adore par dessus tout avoir le disque entre mes mains, écouter et regarder le livret en même temps. J’ai 18 ans. Je ne suis pas idiot, même si on aimerait souvent le penser.
De la musique sur téléphone ? Un “Echec Programmé”. Et ce n’est pas Mika qui sauvera les meubles. Pourquoi ? Parce qu’il faudrait peut-être que les majors prennent conscience que PRENDRE LES GENS POUR DES CONS, ça ne marche qu’un temps…