L’éditeur Marseillais, « Le Mot et le Reste », trace avec talent la route pourtant difficile réservée aux éditeurs de province. Au-delà des rééditions de textes de Renan, Thoreau, Breton, « Le Mot et le Reste » est sur le point de se faire avec la musique, une véritable spécialité. En publiant il y a presque deux ans l’ouvrage de Philippe Robert, « Rock, Pop- un itinéraire bis en 140 albums », puis celui de Eric Dehayes sur la musique planante des seventies pour enfin repiquer du côté du jazz avec l’excellent livre de Delbrouk sur Weather Report et l’attendue bio de Eric Dolphy à paraître à la fin du mois, « Le mot et le Reste » est entrain de prendre place dans le quarteron d’éditeurs de qualité qui suivent la voie ouverte par les Editions Allia.
« Great black Music » du prolifique Philippe Robert qui retrace au travers une sélection de 110 albums jugés essentiels l’histoire de la musique noire Afro-Américaine est presque une bénédiction.
A l’aide de courtes notices ciselées, l’auteur passe en revue, non seulement ce qui peut apparaître comme des titulaires du Panthéon (Marvin Gaye, James Brown, Gil Scott-Heron, Prince…), mais aussi un effort salutaire visant à rafraîchir notre pauvre mémoire (Etta James, Linton Kwesi-Johnson, ESG, Allen Toussaint, Shuggie Otis…), non sans nous alerter sur l’existence d’artistes restés malheureusement dans l’oubli (Basement 5, The Congos, Leon Ware, Camille Yarbrough…).
De la soul au blues, du reggae au funk, du free jazz au R’n'B, tout y passe avec précision, simplicité et un amour très communicatif de la grande musique noire. Une lecture indispensable.
Lyon, le 17 février 2008.
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