68 comeback spécial

11 05 2008

A propos de Mai 68, le seul problème qui mérite maintenant d’être posé, est de savoir si le « chasseur français », « la France Agricole », « Système D » et « Paris Turf » vont y consacrer un numéro spécial. En attendant d’avoir la réponse, quelques lignes aujourd’hui sur « Rolling Stone » (édition française) et Rock & Folk qui consacrent eux aussi des numéros ad hoc à 68.

Passons rapidement sur le premier dont on pouvait attendre mieux. Cela dit quelques interviews comme celles de Mick Jagger et Dylan valent le détour le reste étant plutôt décevant. La bonne surprise, contre toute attente, est à mettre à l’actif de Rock & Folk qui avec son hors-série, « l’impossible révolution » essaye de répondre à la question posée par un lecteur, « le rock a-t-il jamais été de gauche ? »

Pour l’occasion Manœuvre redonne la parole à celui qui à l’époque était le rédacteur en chef du magazine rock, Philippe Paringaux. L’ex, au travers l’entretien désormais traditionnel « Mes disques à moi », revient sur son parcours musical et prononce cette phrase définitive et fondée, « Pardon, on a manqué d’humour entre 1968 et 1972. »

Avec des articles sur  les inévitables Dylan et Lennon, ce spécial Mai 68 revient opportunément sur les oubliés Pink Fairies, sur les enfants hardcore de Mai mais aussi sur des formations au bon vieux fond réac comme Lynyrd Skynurd ou Ted Nugent.

Au final la lecture de cet opus hors série s’avère très intéressante. A croire que dans ce 68 Revival la seule bonne nouvelle c’est que Rock & Folk est toujours vivant.

Lyon, le 11 mai 2008

 

PS : Autre comeback spécial pour vous dire que contrairement à ce que je suggérais l’autre jour, « Taksim », le nouvel album de Fake Oddity n’est disponible qu’à la rentrée de septembre.

 




10 mai

10 05 2008

Aujourd’hui, c’est le 10 mai. Vous voyez ou je veux en venir. Le 10 mai 1981, François Mitterrand était élu Président de la République avec près de 52% des suffrages. Au terme de son premier mandat et au prix d’une sourde bataille de la cohabitation, il était réélu avec plus de 54% des voix, la gauche remportant les législatives dans la foulée. Depuis, comme dit la chanson, « souvenirs, souvenirs ».

On a souvent parlé, à propos du 10 mai 1981, d’un aboutissement. De la fin d’une longue marche initiée à Epinay, dix ans plus tôt.

Je ne sais pas si le prochain congrès du Parti Socialiste sera le début d’une longue marche refondatrice. A voir les agitations actuelles on ne peut qu’en douter et si tel était le cas, c’est autour d’un rendez-vous en 2017 qu’il conviendrait de se situer.

Rassurons-nous, la situation actuelle du PS n’a rien à voir avec celle du Parti de François Mitterrand en 1971. Fort de la quasi-totalité des régions, de la majorité des départements et d’un grand nombre de villes et agglomérations majeures, les équipes dirigées par les socialistes travaillent au quotidien aux quatre coins du pays. Cela étant, cette expérience qui s’accumule, le fait de se coltiner le quotidien des Français, l’émergence de nouvelles politiques en région, semble compter pour du beurre dans le débat qui s’avance. A croire que le seul milieu de fertilisation politique qui vaille dans ce parti ne saurait se situer en dehors de la rue de Solferino et de quelques artères adjacentes.

Je sais bien qu’en disant cela je risque de cultiver basisme te populisme il n’empêche qu’il serait grand temps que ce parti réfléchisse, non seulement à partir de sa nouvelle déclaration de principe, mais aussi, comme le suggérait sous les ricanements de quelques hiérarques notre candidate aux présidentielles, en intégrant la pratique, l’expérience et l’intelligence nées dans nos territoires.

Lyon, le 10 mai 2008     




L’autre contestation

9 05 2008

Interrogez quelques uns parmi vos proches et demandez ce que recouvre le terme contestation. Inévitablement, peu ou prou, ils arriveront à vous situer la contestation au cœur des pratiques et de la réflexion de la gauche. Le « Mai 68 revival » que nous connaissons aujourd’hui devrait de toute façon les conduire vers ce genre de réponse.

Les éditions autrement qui connaissent depuis quelques années une nouvelle vitalité en proposant des livres d’actualité intelligents éditent ces temps-ci un ouvrage intitulé « Les conservateurs américains se mobilisent, l’autre culture contestataire » qui démontre que contestation peu rimer aussi avec réaction. Ce livre formidable constitué de contributions d’historiens et anglicistes, pour l’essentiel universitaires, passe en revue cette contestation qui trouve aussi sa source dans la jeunesse (jeunes blancs des quartiers populaires, campus,…), se traduit en termes de mobilisations électorales et s’exprime dans des thématiques largement relayées par les médias (créationnisme, pro-life…).

Pour ne rien vous cacher, la lecture du bouquin pourrait vous « mettre les jetons » pour peu que votre esprit divague et se perde dans les méandres de la réalité française.

Les lecteurs de Lyon, et pas nécessairement ceux d’ailleurs, apprécieront la participation de jeunes universitaires qui enseignent dans notre ville, ma remarque n’étant pas fortuite car elle démontre que dans les sciences humaines les établissements supérieurs lyonnais figurent en bonne position, loin de la clameur. Ne connaissant ces remarquables contributeurs, ni d’Adam ni d’Eve, je veux donc citer leur nom. Il s’agit d’Aurélie Godet (ancienne élève de l’ENS Lyon), de Romain Huret (Maître de conférences à Lyon II) et de Vincent Michelot (Professeur à l’IEP de Lyon)

« Les conservateurs américains se mobilisent », ouvrage sous la direction de Romain Huret, éditions Autrement, 17 Euros.

Lyon, le 9 mai 2008      




Mes nuits

8 05 2008

Ce soir avec sa Nuit 2 et ses 9 étapes gratuites, le festival « Nuits sonores » rentre dans le vif du sujet. Avant d’aller faire un tour à la plateforme (Face au 4 quai Augagneur) pour le « Pop o’clock » proposé par Dandelyon vers 22 heures, j’irais après ma commission de sécurité du Marché gare, à la piscine du Rhône qui est toujours un écrin formidable pour ces concerts. Si vous cherchez les véritables pépites dans la programmation 2008 des « Nuits Sonores », l’évènement à ne pas manquer ce soir se situe lui aussi à la piscine du Rhône avec le set des légendaires et inédits en France New Yorkais de Body and Soul.

Demain, pour la Nuit 3, c’est plus compliqué. Un retour à la piscine devrait s’imposer puisque pour la Carte blanche à Berlin les Allemands d‘Apparat se produisent vers 19h45. Nouveau site pour cette édition 2008, l’ancienne usine SLI (9ème arrondissement) est au cœur de la bataille. Certains se masseront au pied de la scène 1 pour ne pas rater Laurent Garnier et Agoria. Pour ma part, c’est vers la scène 2 pour le passage de l’ex Shangri-las, Mary Weiss, et de Heavy Trash ; ex croissance proto-rockabilly de Jon Spencer Explosion qu’il conviendra de migrer (23h30-01h45).

En guise de préambule à la nuit 4 du samedi 10 mai les Apéros Sonores de la rue de l’Arbre Sec et des berges du Rhône s’imposent. Cela étant il faudra réfléchir vite et bien avant de rejoindre notre poste de travail à l’usine. Parmi la grosse trentaine d’artistes mon choix s’impose plutôt facilement. Après Roy Ayers (23h45 - scène 1) puis Buzzcocks et Robot in Disguise (00h45 à 03h00 - scène 2) il sera temps d’aller se coucher histoire d’être en forme le lendemain pour terminer d’écluser le gros paquet de copies qui m’attendent.

Pour « le fun » à signaler parmi les très nombreuses innovations de ces « Nuits Sonores » 2008 l’apparition de l’électro-pétanque dans le « jardin pop » du cours Général Givand (le 10 mai de 13h à 20h)

Renseignements complets sur le site www.nuits-sonores.com

Lyon, le 8 mai 2008




Ainsi va la vie

7 05 2008

La 8ème édition des « Nuits sonores » décolle à partir de ce soir. Ce qu’il y a d’épatent avec l’équipe de ce festival dont la programmation est impressionnante cette année, c’est que l’on songe déjà à l’édition 2009.

Il y a quelques jours dans les colonnes de « …491 », Violaine Didier, l’une des « talking heads » et tête pensante d’Arty Farty expliquait que les Butthole Surfers étaient déjà pistés pour l’an prochain et que les scouts des Nuits Sonores avaient toujours un œil sur Devo et Sonics passés cette année entre les mailles du filet. On reparlera plus en détail demain des « Nuits Sonores » mais ce matin j’ai la tête ailleurs car, entre deux cours, je vais aller dire quelques mots d’hommage au nom des élus socialistes sur Roger Violi en l’honneur duquel nous inaugurons une plaque commémorative rue Garibaldi.

C’est à 24 ans, le 11 novembre 1943, que Roger Violi, jeune militant du Parti socialiste clandestin, était assassiné dans les locaux de l’école de santé militaire, siège alors de la Gestapo. Chef de secteur des Forces Unies de la jeunesse, Roger Violi avait été arrêté avec son père, au domicile familial, 38 rue Garibaldi, moins d’un mois avant sa mort.

Agent du Mouvement Libération depuis 1941, Violi avait été un militant extrêmement actif de la résistance clandestine en particulier en direction de la jeunesse et au sein des organisations syndicales.

La cérémonie est prévue ce matin à 11 heures.

Lyon, le 7 mai 2008     




Dély, l’initié.

6 05 2008

Je sais bien que les bouquins sur Claude François et Nicolas Sarkozy poussent comme des champignons. Concernant plus particulièrement ceux qui racontent les aventures du Président ils sont non seulement légions mais pour l’essentiel, subalternes.

Celui de Renaud Dély (Marianne) et Didier Hassoux (Le Canard enchaîné), « Sarkozy et l’argent roi », nous réconcilie avec le genre. Leur livre combine assez bien deux qualités nécessaires à un bon bouquin d’actualité : la pertinence de l’angle d’attaque par rapport au sujet traité et, mais c’est plus évident, la qualité de l’information collectée.

Le point de départ de « Sarkozy et l’argent roi » est simple mais crédible. Sarkozy et le fric ne font qu’un. D’ailleurs d’entrée Dély et Hassoux plantent le décor à propos de Sarko en écrivant que ” la conquête du pouvoir l’obsédait, son exercice le frustre ” et dans cette frustration la formule de Sarkozy lui-même, ”Un jour j’irai faire du fric” prend tout son sens. De là à ne faire qu’un seul mandat, idée que nos auteurs suggèrent parfois, il y a une sacrée différence même si, je l’imagine comme vous, je suis partant pour accompagner avec force les rêves de PDG qui paraît-il, envahissent le cerveau présidentiel.

Dans « Sarkozy et l’argent roi » rien n’échappe à nos deux journalistes. Factures, frais, cadeaux, entorses budgétaires, renouvellement des zingues élyséens, yachts, tout y passe. Pour ce qui relève du cercle amical, de Bouygues à Minc, de Castries à Bolloré, du gotha du CAC 40 au show biz friqué, ce bouquin nerveux, alerte et documenté montre habilement que certains n’investissent pas à fond perdu même si l’espoir d’un retour sonnant et trébuchant sur investissement n’est pas toujours l’élément moteur. Le petit monde de Sarkozy c’est donc « le grand monde », celui de l’argent, de beaucoup d’argent, du luxe et de l’exquis.

Dans leur enquête nos deux rédacteurs démontrent aussi que ce petit monde sarkozien affiche moins de transparence à l’égard de ses affaires que le Président en titre n’aime l’affirmer face aux Français. Le décorum, l’Etat et le style de vie ne sont décidemment pas très modestes en « Sarkozie ».

Voilà 230 pages que je vous conseille de dévorer lors du week-end qui s’approche et qui sera aussi long que la liste des patrons qui aiment autant l’argent que leur Président.

Renaud Dély et Didier Hassoux, « Sarkozy et l’argent roi », Calmann Levy, 17 Euros.

Lyon, le 6 mai 2008      




A l’aid

5 05 2008

Force est de constater que les militants de cette trempe, on n’en fait plus. Dès que la famine gronde dans l’actualité, Bob Geldof se rappelle à notre bon souvenir n’hésitant pas à enfiler son costume rayé pour jouer le rôle d’expert international qu’il affectionne tant.

Je m’étais dit au moment du dernier et pathétique « live 8 » que l’ex Boomtown Rats allait enfin se ranger des voitures tant sa dernière fiesta concernée pour pop stars écervelées au moment du G8 de Gleneagles n’était pas loin d’être honteuse. Pas du tout. La crise alimentaire qui frappe actuellement le tiers-monde nous rappelle que Bob Geldof, l’autre Irlandais engagé, est toujours sur le pont et veut reprendre du service.

En compagnie de Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, Geldof s’est donc rendu à l’Elysée et au Ministère des finances pour dialoguer avec notre Ministre Christine Lagarde histoire de sensibiliser ceux qui d’ici quelques temps vont être en charge de présider l’Europe.

Une mauvaise nouvelle pouvant parfois en cacher une bonne, nous apprenons presque dans le même temps, que l’autre grande conscience humanitaire de la pop internationale, Mickaël « we feed the world » Jackson n’était pas quant à lui disponible car l’ex « king of pop » est paraît-il actuellement bouclé en studio du côté de Las Vegas pour essayer de pondre le disque qui lui permettrait de commencer à rembourser ses colossales dettes.

En vérité elle tombe bien mal cette famine car avouez que s’il avait été possible de réunir Geldof, Jackson et Bono d’ici le début de l’été histoire de sortir un single et d’organiser un de ces rassemblements du siècle dont nos pop-stars conservent jalousement le secret, cela aurait été super.

Lyon, le 5 mai 2008 




Crumb

4 05 2008

Hier j’évoquais ma grande satisfaction de constater le grand retour de la « Figuration narrative ». Comme si les bonnes nouvelles arrivaient par paires, un autre lascar des années soixante connait lui aussi une forme de reconnaissance, il s’agit de Crumb.

Les jeunes générations connaissent assez peu l’illustrateur américain roi de la BD underground des sixties si ce n’est par la pochette du « Cheap Thrills » de Janis Joplin ou la fréquentation miraculeuse d’anciens numéros d’Actuel. Crumb est pourtant un des monstres du dessin de la « contre culture » de l’époque mais Devil Girl ou Mr Natural n’ont pas nécessairement fait le bout de chemin nécessaire pour aller à la rencontre des jeunes gens d’aujourd’hui.

En publiant un magnifique petit album intitulé « R. Crumb héros du blues, du jazz et de la Country », les éditions de la Martinière vont permettre à chacun d’encore mieux connaître l’univers graphique si particulier du ricain de Montpellier mais surtout de pénétrer dans la patrie musicale de l’auteur de Fritz the cat qui n’est pas la pop des années soixante mais bien le blues et la country des années trente.

L’ouvrage en question divisé en trois grandes sections est une alternance de notices bien ficelées sur des artistes parfois méconnus et d’illustrations vieillottes, datées et magnifiques de Crumb. Pour connaître l’essentiel sur Blind Gary Davis, Ernest Stoneman and the blue Redge Corn Shuckers mais aussi réviser les bios de Skip James, Fletcher Henderson ou la Carter family il n’y a pas mieux. Sur plus de 230 pages et un CD audio les textes de Stephen Calt, David Tasen et Richard Nevins jouent magnifiquement avec les vignettes du grand Crumb. Un album à feuilleter matin, midi et soir pour le prix fort modique de moins de 20 euros.

Lyon, le 4 mai 2008.




Figuration

3 05 2008

Alors que les ouvrages relatifs à Mai 68 s’entassent dans nos librairies au point de provoquer la nausée, quelques taches de couleurs viennent réveiller les têtes de gondoles en donnant sa juste place à un mouvement ayant pris sa force autour de 68, je veux parler de la « figuration narrative ».

L’exposition parisienne consacrée à ce mouvement , l’édition de monographies de Erro, ou de Fromanger, le « Art press 2 », consacré à la figuration Narrative viennent avec opportunité rappeler qu’autour de Rancillac, Telemaque, Cueco, Arroyo, Adami et quelques autres, une démarche majeure et originale était apparue au cœur des années soixante. Un mouvement pictural jubilatoire et concerné politiquement qui, empruntant parfois les chemins de l’humour et de l’inventivité, compte et comptera dans l’aventure artistique du XXème siècle.

Quelques francs-tireurs comme les Musées de Saint-Etienne ou de Dole et plus près de nous la Galerie Lyonnaise de l’IUFM avaient fait acte de résistance en présentant de grandes rétrospectives ou de plus modestes expositions autour de la « Figuration narrative ». Aujourd’hui le déploiement d’activités ressemble, plus qu’à une reconnaissance, à une véritable réhabilitation (à une revanche ?) pour ces plasticiens qui viennent de vivre une espèce de mépris bien souvent fondé sur le refus de mêler art et politique.

Aujourd’hui donc, nous pouvons être certains que la « figuration narrative » n’est plus là pour faire de la simple figuration. C’est déjà ça de gagné. Quant à Mai 68, son dernier acte de bravoure est peut-être d’alimenter l’industrie du pilon et après tout c’est peut-être aussi cela le véritable esprit de Mai.

A lire : « Art Press 2 », « La figuration narrative »- Février, Mars, Avril 2008- 9,50 Euros - www.artpress.com.   

Lyon, le 3 mai 2008




Chevauchée fantastique

2 05 2008

L’autre soir je passe par la Fnac et au rayon « indépendant » on diffusait une sorte de chevauchée dégoulinante de violons chantée manifestement par des Anglais dingues des Walker Brothers. Bref, le coup de foudre. Je m’approche du vendeur ( ?) mis à la disposition de la clientèle par l’agitateur culturel en lui demandant si ce que l’on entendait était bien la musique du CD qui était sur son comptoir. Les yeux perdus dans la vague, le gars me répond par un léger grognement que je traduis illico par « oui ». J’écoute, en fouinant dans les bacs, deux autres titres d’un disque que je ne saurais que trop vous recommander. Il s’agit de « The age of the understatement » par « The last shadow puppets » (vous avez bien lu!).

En fait ce groupe qui n’en est vraiment pas un est le projet de l’Artic Monkeys Alex Turner et du Rascals Miles Kane, un de ces trucs probablement sans lendemain mais qui fait du bien là ou ça passé. Comment vous expliquer ce dont il s’agit ?

Côté inspiration les deux types n’avancent pas masqués. Leur « Age of the… » fleure bon Lee Hazzlewood, John Barry et Scott Walker et les violons du London Metropolitan Orchestra reniflent un Burt Baccarach ayant croisé Enio Morricone qui passait par là.

L’ensemble offre donc une espèce de country cinématographique pour le moins étonnante quand on sait qu’un des lascars est natif de Liverpool. D’ailleurs, quand en sollicitant I Tune et en faisant avaler le CD par l’ordinateur, à la rubrique genre, on nous indique, non sans raison le terme « country », Cqfd.

Pour nous résumer cette bonne première livraison de the last shadow puppets est tout simplement de la country pop nappée de violons et jouée au galop par deux britons dont je ne m’attendais pas à ce genre de prouesse. Amis amateurs de hardcore, de Mika et de James Blunt, passez votre chemin, ce disque n’est pas pour vous.

Histoire de donner une touche chauvine à ce billet, sachez que bon nombre de titres de l’album ont été enregistrés au Black Box Studios d’Angers.

Lyon, le 2 mai 2008  




1er Mai

1 05 2008

Chacun le sait, le 1er Mai 1886, la mobilisation des syndicats va permettre à plusieurs milliers  de travailleurs américains d’obtenir la journée de huit heures. Quelques jours plus tard, le 3 mai à Chicago, alors qu’une manifestation se disperse, une bombe éclate et fait de nombreux morts dans les rangs policiers. Par la suite des anarchistes seront condamnés à la prison à perpétuité et le 11 novembre de la même année, malgré l’absence de véritables preuves, cinq autres ouvriers seront pendus. Par la suite cette tradition du 1er Mai s’exportera en Europe au point de s’enraciner. Le 1er Mai 1891 la manifestation traditionnelle tourne au drame à Fourmies. Parmi les dix morts, une ouvrière, Marie Blondeau, habillée en blanc et les bras couverts de fleurs. Elle va devenir le symbole de cette répression. Plus près de nous, en 1936, le 1er mai va prendre un relief particulier car il intervient deux jours avant la victoire du Front Populaire. Depuis 1947, le 1er mai est un jour férié et payé mais attention cela n’en fait pas automatiquement une fête légale. Ne le répétez pas, cela peut donner de mauvaises idées à Sarkozy.

Lyon, le 1er mai 2008     

 




Fake Oddity

30 04 2008

Demain c’est le 1er Mai, même si vous comptez aller manifester, cela ne devrait pas vous empêcher d’aller le soir au Ninkasi Kao assister au concert des frères Gorman, autrement dit de Kill the Young.

Les mancuniens qui revendiquent une filiation avec leurs ainés de Buzzcocks (le 10 mai aux Nuits Sonores) font partie de ces artistes qui font particulièrement les yeux doux au public français. Allez-savoir pourquoi ?

Il conviendra de ne pas arriver trop en retard au concert puisque Mediatone programme en première partie son groupe protégé, les lyonnais de Fake Oddity. Excellent groupe de scène, la formation conduite par Faïk, leur chanteur guitariste turc d’origine, ne devrait pas décevoir. Auteur d’un premier album autoproduit (Pinkstrasse) Fake Oddity est en passe de distribuer un second opus enregistré en Turquie au studio IMAJ d’Istanbul dont je ne sais rien ou pas grand-chose.

Lauréat en 2005 du Trophée Dandelyon puis du tremplin des Côtes du rock (Vienne), Fake Oddity a les moyens de voir la vie en large pour peu que le Dieu du rock lui prête vie. A ne pas rater.

Puisque nous en sommes au Ninkasi Kao, noter le 14 mai le concert des amis de Jean-Louis Murat, Cocoon.

Lyon, le 30 avril 2008




Tonton David

29 04 2008

Comme bien du monde j’apprécie David Lynch. J’aime en particulier, tout en étant pas très certain d’en comprendre la cohérence, des films comme « Lost highway ». Ce ricain arty et classieux en fait parfois un peu trop dans la pause mais nous lui pardonnons certaines de ses productions extra-cinématographiques au rang desquelles on peut citer bien des œuvres plastiques (« the air is on fire ») et surtout son insipide et même ridicule virée musicale avec « Blue Bob ».

Une fois ces lignes dévotes mais jamais aveuglées écrites, une fois dit que David Lynch est un grand auteur de films, je voudrais me pencher sur sa dernière production « littéraire » fraîchement traduite en français et publiée par les Editions Sonatines sous le titre « Mon histoire vraie » (« Catching the big fish » en anglais !)

Passée l’épreuve de la dédicace adressée à sa Sainteté Maharishi Maresh Yogi, la prose de Lynch oscille, sous forme de courts billets, entre l’intéressant, l’informatif, le pathétique et parfois le pitoyable.

Quand il s’agit de parler cinéma, notre homme est non seulement au rendez-vous et le plus souvent à la hauteur de nos espérances. Pour ce qui concerne la musique c’est moyen, quant à sa philosophie de la vie il nous rapporte des expériences et des observations qui doivent probablement faire vibrer les fans d’une douzaine de cantons autour de Los Angeles mais vraiment pas plus.

Quand vous saurez que Lynch avait dans les années quatre-vingt l’habitude de prendre chaque jour un milk-shake au Bob’s Big Boy et que, je cite, « c’est fascinant de regarder un feu. C’est magique » vous lirez ce bouquin en limitant votre temps à la consultation des pages qui relèvent du cinéma.

Au beau milieu d’un texte intitulé « la conscience », Lynch écrit « si l’on possède une conscience de la taille d’une balle de golf, la compréhension qu’on aura du livre qu’on lit sera limitée à la taille d’une balle de golf ». Alors désolé mon cher David, je ne sais pas si ma conscience a la taille d’une balle de golf, mais ce dont je suis certain c’est que j’aime pas les mecs qui me prennent pour une bille.

Lyon, le 29 avril 2008      




Foot

28 04 2008

Samedi soir à Gerland, l’Olympique lyonnais était à l’image de sa saison 2007-2008. Une première mi-temps plus que modeste d’équipe de milieu de tableau. Une seconde probablement pimentée par le fait de devoir jouer à dix, un peu plus digne d’un champion. Au bout du compte un petit point glané. Les Girondins n’ayant pas fait mieux, on ne peut que remettre la balle au centre, jouer les trois derniers matchs et commencer à oublier une saison pénible qui nous laisse tout de même plus que pensif.

Parmi les raisons d’espérer on doit de toute évidence se satisfaire de l’éclosion de Karim Benzema (encore deux buts samedi). Par son talent le jeune Brondillant peu commencer à se dire que parfois il flirte avec le génie. Avec la longue indisponibilité de Cris, la forteresse lyonnaise a souffert cette saison. Depuis son retour le Brésilien apporte rigueur, confiance et motivation, c’est donc la seconde raison de songer à un avenir plus conforme au standing du club. Troisième grande satisfaction, l’indispensable Jérémy Toulalan. L’ex Nantais est efficace, généreux, sûr et opiniâtre. Son CDI en équipe de France semble assuré. Il est devenu plus que nécessaire à Domenech et à l’OL.

Un ton légèrement en dessous on se doit de saluer la belle saison de Sydney Govou, le bon retour de blessure de Coupet sans oublier l’excellente fin d’intérim de sa doublure Vercoutre.

Pour le reste, tout n’est que doute. Samedi le coach a fait l’insigne honneur d’accorder trois minutes de jeu à Ben Arfa tandis que le pauvre Fred continuait à être confondant de tiédeur et d’approximation. Si on ajoute à cela la lourdeur d’un Karlström, l’insuffisance de Grosso, le jeu bavard mais pâle de Juninho, la saison qui s’achève est bien à l’image de ce Lyon-Caen. Une alternance de disette, de prostration et de trop rares moments de vaillance.

Problème de riches ? C’est évident quand on sait que les Lyonnais devraient probablement être en situation d’emmagasiner cette saison une paire de trophées supplémentaires avec la coupe et le championnat.

Les raisons de se réjouir sont donc rares et pourtant je vais vous proposer de vivre le bonheur cette fin de saison en vous précipitant sur le numéro hors-série de « So Foot » en vente depuis peu dans nos kiosques. Compilation du meilleur de ce magazine nerveux, intelligent et concerné qui fête dignement ses 5 ans, tout au long des 200 pages de ce « meilleur du déjà très bon », vous retrouverez le grand Cantona, l’immense Platoche, Sir Alex, mais aussi l’écrivain Bruce Hornby lançant à Arsène Wenger, « Dis à tes joueurs de mettre London Calling des Clash dans le vestiaire », le Blur Demon Albarn et l’impitoyable Jean-Louis Murat s’en prenant à Zizou et Deschamps.

Indispensable.

« So Foot », hors série-numéro double, 4,90 Euros- www.sofoot.com

Lyon, le 28 avril 2008      




Kurt chez le psy

27 04 2008

Il m’arrive de temps à autre d’attirer votre attention sur les bons coups culturels que nous réserve l’agglomération. Des « invites » aux Festival de jazz de Vaulx ou Francheville, de l’épatente programmation de l’Epicerie Moderne aux rendez-vous que Bron nous réserve en matière de danse Hip Hop, les occasions sont nombreuses de passer les frontières lyonnaises. Aujourd’hui c’est à Oullins, et plus précisément au théâtre de la Renaissance, que je veux vous entraîner.

A partir de demain et jusqu’au 7 mai, en coproduction avec l’Opéra de Lyon, la Renaissance monte « Lady in the dark » de Kurt Weill, un must créé au début des années quarante qui marque les débuts triomphants de la période New Yorkaise du compositeur Allemand qui avait fui le nazisme.

« Lady in the dark » dont les principaux airs sont devenus des grands classiques au même titre que « l’Opéra de quat’sous » est le fruit du travail conjoint de Kurt Weill et de Ira Gershwin d’après le livret de Moss Hart.

Œuvre puisant dans les approches de la psychanalyse, « Lady in the dark » est bien plus qu’une comédie musicale à la Broadway. C’est une pièce musicale majeure dont les envolées jazzy continuent de séduire les mélomanes parfois rassasiés que nous sommes. Mis en scène par Jean Lacornerie, sous la direction musicale de Scott Stroman, ce « Lady in the dark » devrait être à l’évidence l’un des grands évènements musicaux de la saison.

Renseignements au 08 26 30 53 25

Lyon, le 27 avril 2008